MASSANA

ANNALS DE L'ALBERA ARGELERS DE LA MARENDA - ANNALES DE L'ALBERA ARGELES-SUR-MER

dimanche 25 mars 2007

Lluis Llach, idole des catalans

ENTENDRONS-NOUS ENCORE CHANTER
LLUÍS LLACH ? Andreu Capeille

Préparé depuis longtemps, le concert du « Cantautor » -1- catalan, a eu lieu à Verges, ce samedi soir 24 mars à 22h, non loin de Figueres, puisqu’il y est né. Il avait prévu depuis pas mal de semaines que sa dernière grande scène serait là et non à tout autre emplacement, fut-il prestigieux. Pour un événement ce en fut un d’extraordinaire. Il faut se rendre compte que Llach, né en 1948, chante depuis presque 40 ans, ses compositions essentiellement et parfois il emprunte des poésies à des auteurs amis. Sa silhouette débonnaire sur les scènes où sur un plateaux de télévision nous a constamment enthousiasmé.

Ici à Verges, en le voyant, sur nos épaules est tombé, pour ceux qui le connaissent de toujours, un poids extraordinaire qui nous avertissait : Vous avez pris des rides, mais vos sentiments envers moi son intacts…

Plusieurs milliers d’admirateurs étaient là, des jeunes mais aussi ceux des génération 50/60/70 ans qui connaissent presque toutes ses chansons par cœur et qui les reprenaient à tue-tête. Là lui le téméraire, le musicien, le poète, le philosophe qui risquait sa vie sous Franco, était dégagé de toute crainte. Ses parents, ses amis de toujours, ses fans, d’autres chanteurs amis et non concurrents, des musiciens, voulaient marquer cette soirée en lui faisant honneur.

Le Gouvernement catalan était là, les élus de l’opposition aussi, tous assis au milieu d’une entente peut-être parfaite au delà des rivalités politiques, pour fredonner ensemble ses airs qui ont marqué leur militantisme avant la dictature et qui les réuni enfin avec ferveur sous cette bannière catalane. Cela n'empêcha pas Llach de donner à cette occasion de petit coup de griffes aux divers gouvernements catalans qui se sont succédés au fil des ans.

Lluís Llach, regardait la foule d’un air souriant, d’un air malicieux qui le caractérise sous ses petits yeux brillants de joie et d’émotion. Il ne laissait éclater son émotion, la maîtrisant sûrement, mais en lui-même tout son corps devait exploser. Lui, comme beaucoup d’autres n’as pas besoin de drapeau sang et or pour affirmer sa catalanité, les barres de couleur sont gravées sur son cœur comme des stigmates ineffaçables. Sa voix, posée, chaleureuse, empreinte de douceur et d’émoi, était la même comme celle de ses débuts !

Quel bonheur de l’écouter, lui au piano, son accompagnatrice de toujours, Laura, au violoncelle qu’elle interprète avec virtuosité et son saxophoniste merveilleux faisant parfois pleurer l’instrument, donnaient la chair de poule et tiraient des larmes discrètes aux spectateurs. Il n’a jamais été aussi bon ! Est-ce le fait que ses influences musicales soient toutes Méditerranéennes ? La musique grecque dans " Viatge a Itaca ", la musique catalane grecque et arabe dans " Un pont de mar blava " qui chante la fraternité du bassin méditerranéen, des deux côtés des rivages d’orient et d’occident. Un autre répertoire plus violent a été celui des luttes pour la liberté d’expression en période de dictature, qui marque là son univers protestataire. Son concert dura près de trois heures ; les meilleurs morceaux choisis, et ce fut certainement difficile de le faire, donnèrent le frisson à tous, jusqu’à se dernière composition "Verges 2007" dédiée a sa ville natale pour clôturer cette fin de spectacle. Mini retraite ? nous espérons tous qu’il composera encore d’agréables mélodies, ce sera sûrement vital pour lui !

Pour remercier le public, il descendit du podium, prenant un immense bonheur à se mêler à la foule d’amis, les embrasser, les saluer, comme s’il voulait pour eux comme pour lui-même, rendre ces instants inoubliables.

Afin de lui rendre hommage la foule dans un chœur improvisé lui offrit à son tour une chansons symbolique de ses luttes passées : l’Estaca…

Un indescriptible grand moment de télévision sur la chaîne catalane de TVCI 3

« Tous les fondateurs de Massana, Bernard Rieu, Jean Louis Loreto, André Bassou, votre serviteur, se sont souvenus d’avoir vu leur idole interpréter les airs de ses débuts, une première fois à Banyuls-sur-Mer salle Novelty, et quelques temps plus tard, sur la place de la République d’Argelès où aidés par le Foment de la Sardana ils organisèrent une soirée devant juste quelques initiés. C’était le 21 juillet 1969, nous avions 20/30 ans ! »

Que de chemin parcouru depuis ! Si, et je dit bien si, si Lluís Llach avait chanté en une autre langue, par exemple le castillan, nul doute qu’il eut connu une carrière extraordinaire. Mais sa foi de la catalogne et son amour pour elle, sa sensibilité sa générosité on fait qu’il a tenu à garder cette langue musicale, très imagée, d’un vocabulaire étendu, qui se prête à n’importe qu’elle interprétation d’émotions, exacerbées dans toutes ses mélodies!

On ne peut que désirer pour nous, gens de cette terre, la Catalogne, affirmer comme Llach : Penso que tindré sort, si puc tancar els meus ulls aquí…
1 – Cantautor : Auteur compositeur de musique.

Quelques disques anciens des années 1970, comportant des chansons qui marquent encore les
esprits de beaucoup de ses fans; voici quelques titres de ces disques 45 tours:


Cal que neixin flors a cada instant - A cara o creu. Damunt d'una terra - Nit de sommi - El Bandoler - La Meva terra - Se'n va content - Cop de destral - Canço sense fi - Per un tros del teu cos - L'Estaca.
On doit compter sur une très nombreuse discographie de 45 et 33 tours.

Les CD aussi sont toujours très recherchés. Tout comme une vidéo enregistrée il y a quelques années à Lille, lors d'un concert, dirigé par le chef d'orquestre Casadessus d'origine catalane. Ce concert était un véritable chef-d'oeuvre, tous les amateurs doivent s'en souvenir.

2 commentaires:

Pierre Fuentès a dit…

Argelès-sur-Mer
Je suis tombé sur le blog de notre ami André Capeille et j'ai rajeuni de 38 ans.
Et oui, j'ai trouvé le secret de la machine à remonter le temps.
Donnez-moi la main on va faire un tour à la Place de la République.

Nous sommes le 29 juillet 1969 en soirée, il fait très beau et très chaud.
Je suis assis devant la salle de jeux de Madame Cortes, j'ai 13 ans et j'attends mon ami Jean Claude.
Ce soir il y a pas mal de monde sur la place. Si mes souvenirs sont bons, on a mis une charrette ou une estrade en plein milieu.
Par la rue Jean Jaurès arrive un groupe de grands. C'est André qui mène la bande.
Ils sont accompagnés d'un jeune chanteur catalan qui vit en France et qui mène un combat contre Franco.
Il se bat les mains nues, mais avec les armes que la dictature de Franco n'a jamais pu exterminer.
Il se bat avec la culture, la poésie, la chanson.
Mon père m'a beaucoup parlé de lui. Je savais que ma famille qui habite à Girona l'adore et l'écoute en cachette.
Ce jeune chanteur est là devant moi, il s'appelle Lluis Llach.
Je m'approche et je lui dis quelques mots en Catalan.
...que je suis né en Catalogne, je lui parle de ma famille, de la Retirada...
Il me serre la main et je me rappelle qu'il me répond quelque chose qui ressemblait à
"un jour, nous rechanterons en catalan de l'autre côté et ces montagnes ne seront plus une frontière"
Il est monté sur l'estrade, a pris sa guitare et la magie est tombée sur la place de la République d'Argelès-sur-Mer.
Pierre Fuentès.

katia a dit…

Bonsoir,
J'aimerais utiliser ce texte de Pierre Fuentès pour ma rubrique "le fil" sur le site www.lluisllach.fr
si vous êtes d'accord, merci de me faire signe sur ce site !
Je cherche des témoignages sur Lluis Llach, n'hésitez pas à m'envoyer les vôtres à partir de mon site si vous lisez ces lignes !