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ANNALS DE L'ALBERA ARGELERS DE LA MARENDA - ANNALES DE L'ALBERA ARGELES-SUR-MER

mercredi 14 mars 2007

Alexandre Coll - Argelésien itinérant!


PORTRAIT
UN ARGELÉSIEN ITINERANT ! (1) A. Capeille
Alexandre Coll, cet homme très sympathique, attachant, souriant, est quand même assez mystérieux. Il est réservé sur tout ce qui concerne sa vie familiale ou amicale qu’il veut garder pour lui. « C’est privé dit-il » d’un air malicieux, et c’est son droit le plus absolu. Toujours est-il qu’il m’a révélé être né en Cerdagne à La Tour de Carol en 1919, pour venir s’installer avec ses parents à Argelès en 1926. Là, il connut beaucoup de copains et de copines qui le reconnaîtront certainement. Ses instituteurs s’appelaient : MM. Bouquet, Carrère, Combes. Tous bien connus des Argelésiens.

L’école qui n’était pas mixte, est de nos jours la Mairie d’Argelès-sur-Mer.

En 1936, nouveau déménagement de la famille vers Perpignan. Après le concours d’entrée à la Poste, il devient, comme beaucoup de jeunes roussillonnais, fonctionnaire dans la capitale. Quelques années plus tard en juin 1942 à l’époque de l’occupation il revient à Argelès pour passer son congé, et c’est là qu’il va avoir une petite aventure exceptionnelle.

Un P.V., sur le Pont du Diable à Ceret.

Un de ses amis vivant tout comme lui à Paris, lui demande d’aller voir, pendant son congé, sa mère Mme Molins, épicière à Arles-sur-Tech, afin de lui donner des nouvelles fraîches. Et le voilà sur son vélo, longeant pendant un petit moment la rivière le Tech. Déjà il se rend compte que les inondations du 17 octobre 1940 avaient laissé des traces épouvantables dans le paysage, mais cette époque de la guerre ne convenait pas à une remise au normes du cours d’eau. La route lui donne l’occasion de franchir le pont du Diable de la sous-préfecture de Ceret. Mal lui en prit : Deux gendarmes sont là qui surveillent les allées et venues des personnes d’un air soupçonneux ! Pourquoi ? Il était connu de tous que pas mal de gens fuyaient la France de Vichy pour s’exiler en Espagne et que beaucoup prenaient cette route qui mène vers Prats-de-Molló et le col d’Ares et descend ensuite sur Molló et Campredon.

Stop ! lui intimèrent nos deux militaires. Après avoir contrôlé ses papiers, demandé à voir sa feuille de congé postal - qu’il n’avait pas, car la poste n’en délivrait aucun pour l’occasion - ils examinèrent sa bicyclette en tournant autour d’un œil circonspect. Enfin le détail qu’ils ne voient pas et qui fait la différence: la plaque. Normalement cette plaque, qui était une taxe donnant droit de circuler à vélo et que l’on se procurait dans les débits de tabacs, devait se trouver sur le guidon, lui, peut-être, dans un soucis de coquetterie, l’avait placée autour du tube qui soutient la selle. Grave erreur, ce qui lui valut d’être verbalisé avec recouvrement immédiat. Aventure peu commune, non ?

(1)- Itinérant dans la fréquentation exclusive des « AZUREVA » (ex vacances - PTT) durant quelques années.
Photo A. Capeille: Alexandre Coll au centre Azureva d’Argelès – Été 2006 –

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