MASSANA

ANNALS DE L'ALBERA ARGELERS DE LA MARENDA - ANNALES DE L'ALBERA ARGELES-SUR-MER

jeudi 20 novembre 2008

Racou - Démographie d'avant 1960.

Ce mini recensement d'habitants du Racou, n'est pas exhaustif, mais à votre tour, si vous connaissez des familles ayant résidé au Racou avant 1960, n'hésitez surtout pas à nous en faire part. Nous en publierons la suite dans un prochain numéro de la revue et du blog. (Andreu Capeille)
Nom Prénom ------- Villa ------- Profession et Résidence principale :
Alzine, Boulanger à Perpignan - Argence, Villa Marguerite, Charcutier Thuir - Arnaud Émile, Entrepreneur de maçonnerie à Perpignan - Astruc, Chemisier à Perpignan - Aubertier, Maison d'enfants Las Illas - Auriol Mme, Dolce Farniente, Magasins l'Abeille d'Or Perpignan - Audi, Artisan maçon à Perpignan - Ausseil, Boucher Thuir - Balalud, Elne - Bardou. Job, Petit Maset, Industrie Papier à fumer Job Perpignan - Barrier, Médecin Toulouse - Baruteu Daniel dit Tonton, Technicien Guyancourt - Batlle, Epicier - Bercis, Editeur à Angoulème - Berget Émile, Cabane bord du Grau, Pêcheur puis facteur à Argelès - Billard Alain, Médecin à Perpignan - Blanch, Perpignan - Bobo, Policier Paris - Bonecase Jean, Argelès-sur-Mer - Bouquet Jean, Militaire - Brunet. Badie, Le Racounet - Cabot, Elne - Caner Joseph, Nos Vacances, Fabricant d'emballages à Perpignan - Capdeville, Médecin à Ceret - Capeille Henri, Calypso, Expéditeur de Fruits et Légumes à Perpignan - Carrère père et fils Jean, Instituteur et Professeur E.P. Argelès - Casanovas, Fanny, Perpignan - Cayrol, Pharmacien - Clopez. Y Jorda, Elne - Cobi sœurs, Perpignan - Colomines, Racou - Coq, Perpignan - Corominas, Epicier à Perpignan - Danoy, Equipement agricole à Perpignan - Danoy Marcel, Entrepreneur de maçonnerie à Perpignan - Delahaye, Villa détruite, Fleuriste à Perpignan - Delaux Jean, Racou - Delaux Joseph, La Pampa, Racou - Desclau Francis, Fruits et Primeur Elne - Doutres, Électricien installateur et vente à Perpignan - Faliu, Chalet des Marguerites, Charcutier à Perpignan - Falquès Marcel, Représentant en spiriteux à Perpignan - Farré Georges, Commerçant à Perpignan puis à Argelès - Ferré. Mulet, Bar La Caravelle, Racou - Gleizes, Narbonne - Gosset Jean, Hôtel l'Oasis, Hôtelier Le Racou - Guelfy, Jouets. Articles Bébé à Perpignan - Guiot, Médecin à Perpignan - Guitard sœurs, Les Hurlevents, Racou - Guitard, Joaillier à Perpignan - Guitard Fanny, Les Ombrages, Argelès - Jaubert, Articles de chai à Perpignan - Jorda Frères, La Solane, Elne - Jorda, Elne et Corneilla del Vercol - Julia. Bedrignan, Négociant en vins à Perpignan - Julia. Nadal, Toi et Moi, Arboriculteurs - Lannes, Meubles à Perpignan - Lencou - Lovato Pascal, Chauffeur-Mécanicien puis Artisan Maçon Argelès Le Racou - Maris Roger, Tourneur - Marty, La Llar, Pharmacien à Port-Vendres - Mas et Contran - Nègre, Mécanicien - Olivères, SNCF - Penaud, Epicerie, Epicier au Racou et Elne - Parnau, Epicerie, Racou, Elne - Planas, Coutelier à Perignan - Pruja, Sanatorium Les Escaldes - Quès, Fournitures Electriques à Perpignan - Quinta, Ferronnier à Thuir - Ricard, Racou - Roquère, Instituteur à Saint-André - Santenac, Vigneron - Sébastià et Enriqueta, Epicerie chez Enriqueta, Argelès Le Racou - Sim Valentin, Instituteur - Sol, Général. Médecin militaire - Soler Michel, Café Michel, Argelès Le Racou - Trecuis, La Mer, Le Racou - Triado, Boutique Hermes à Perignan - Vergès Sébastien, Mécanique générale à Perpignan - Verhamme, Textile à Perpignan - Vigo, Le Racou -

dimanche 9 novembre 2008

Racou - De l'Après guerre à 1960.

LE RACOU de L’INSOUCIANCE ! Andreu Capeille.

Jusqu’ après la fin de la guerre39/45 (1), le Racou était véritablement le coin tranquille, paisible et loin de tout. Le tracé de la route d’accès, était tout autre que celui d’aujourd’hui. La D114 Argelès-Collioure, à un moment donné, arrivait face au pont supportant la voie du chemin de fer. C’est là, sur la gauche, qu’un chemin carrossable jouxtait le bois appartenant au général Bertrand de Balanda, et longeait le ruisseau du Vall Maria « El Colobret » et les vignes, pour déboucher juste derrière la colline, face à la mer. Le pont franchi, sorte de « frontière », le Racou se présentait à nous. Cette entrée, débouchait dans les vignes, qui s’étendaient entre le chemin de 3m de large et le littoral ou terrains maritimes ; c’est la rue centrale actuelle.

....Dans les rues recouvertes de sable, les gens se rencontraient, parlaient, ils prenaient l'apéro selon un cérémonial de rigueur...
On voyait tout de suite, qu’il y avait peu de maisons dans ce quartier le plus éloigné d’Argelès ; peut-être une centaine côté mer et une dizaine côté vignes? Avant la dernière guerre, la première ligne de maisons face à la mer, faites de bric et de broc, a été rasée pendant l’occupation par les troupes allemandes ; seules ont perduré celles construites vers la falaise, car elles ne gênaient en rien, du haut des rochers, la surveillance de la côte par les guetteurs. De nombreuses familles du département, mais surtout celles de Perpignan en font leur lieu de villégiature estival et dominical depuis la fin des années 1930. Durant la guerre, les troupes allemandes occupèrent les lieux et surveillaient les travaux de défense. C’est l’époque aussi de la construction des fameuses pyramides en béton, anti-débarquement, sur la plage. Il faudra attendre 1946, pour voir un renouveau dans la fréquentation de ce site paradisiaque. Tout l’environnement se prêtait à la bonne humeur et à l’insouciance de la vie. Dans les rues couvertes de sable les gens se rencontraient, parlaient, on buvait l’absinthe avec le cérémonial de rigueur, ou un « cop de vi blanc » (VDN) avant de préparer, à même la rue, la cargolade ou la grillade de poissons pêchés du jour. Rien ne semblait pouvoir altérer la convivialité de tout un chacun.
A toutes les saveurs odorantes de ces cuissons aux sarments, se mêlait le bonheur d’être ensemble et de partager en même temps, au travers des fumées, le repas des voisins les plus proches !

En dehors des grillades, la seule façon de cuire les agapes journalières était le réchaud à gaz.
Le rangement non plus ne posait aucun problème, la rue appartenait à tout le monde, les enfants jouaient sans contrainte dans le labyrinthe original des rues étroites : vélos, voitures, petites barques, canoës, kayaks, périssoires, trouvaient là aussi le parking idéal. Seules les barques importantes se trouvaient sur le sable au bord de l’eau. Le vol ? Quel vol ? Rien de tout celà, la confiance régnait sans arrière-pensée ! Si parfois un vélo était oublié, il restait au même endroit pendant une semaine, jusqu’au retour de son propriétaire s’apercevant de sa disparition en voulant l’utiliser à nouveau.

Le quotidien favorisait l’esprit inventif et la débrouillardise…
On y vivait une expérience « communautaire » d’une autre époque. Pas d’eau, pas d’égouts et pas d’électricité. Les quelques familles qui étaient là, devaient se débrouiller par leur propre moyen. Par exemple pour l’eau, la fontaine se trouvait sur la droite vers le fond du Racou à côté d’un énorme eucalyptus qui y vit encore. C’était là un va-et-vient incessant pour nombre d’ados que les parents envoyaient à la « corvée d’eau », ce qui, dans le fond, n’en était pas une, car elle permettait de rencontrer copains et copines. Ensuite, comme le sol s’y prêtait bien, chaque propriétaire fit un sondage direct assez facilement, étant donné que le sous-sol était sablonneux et que l’on trouvait l’eau à 2/3m de la surface ; une eau par contre d’un goût assez saumâtre, mais de qualité suffisante si on la faisait bouillir avant de l’utiliser pour cuisiner.

L’électricité arriva en 1956, l’eau en 1957 et les égouts en 1958. L’éclairage, très diversifié comme méthode, donna lieu à des installations personnelles. La lampe à pétrole se trouvait pratiquement sur toutes les tables ou terrasses, y compris la lampe acétylène, et, le summum du progrès fut sans aucun doute les lampes au gaz butane avec des montages muraux sophistiqués, sans oublier la batterie de voiture « la lampe à accus » spécialement rechargée pour alimenter les ampoules électriques.
Quant aux eaux usées, elles servaient principalement à l’arrosage du potager, des arbres ou des quelques fleurs du devant de porte. Lorsque le terrain était assez grand, une fosse septique sommaire réceptionnait l’ensemble des vidanges.

Entre-temps l’agglomération prend de l’extension, les constructions commencent à s’élever sur le côté droit, vers le sud, à la place des vignes, à partir de 1947/48. Au chemin central se substitue une route asphaltée, c’est l’actuelle, qui permit tout d’abord aux rares véhicules de transport de matériel d’arriver, et aux voitures de rouler sans trop abîmer leurs « vieilles carcasses ». Enfin, quelque chose d’inédit : le train s’arrêtait une à deux minutes, face à l’endroit où, de nos jours, sur la RN114 de Collioure, se trouve l’hôtel du Golfe (entre la première crique du Racou et celle de Portells). L’accès à cette halte SNCF improvisée, comportait un petit quai et un abri sommaire, se faisait par un sentier, accédant directement à la voie, on peut encore le deviner : il suit le ruisseau, juste à droite du petit pont, après être passé auparavant devant le chalet « Marguerite » de M. Faliu, la maison Brunet Badie construite en 1930 dans les vignes, la villa « Les Ombrages » de Mmes Guitard et le mas de madame Bardou-Job. On y parvenait aussi juste au-dessus de Portells, par un petit escalier maçonné et celà des deux côtés de la voie. Le sentier permettait d’atteindre sur les hauteurs la villa « Dolce Farniente » de Mme Auriol, propriétaire de l’entreprise de magasins alimentaires « L’Abeille d’Or ». Cette construction, domine tout le littoral nord et la baie du Racou, ainsi qu’un bar « Al Roc » bâti vers la fin de 1948, juste au dessus d’une casemate allemande où pointait vers le large et la plage d’Argelès un canon de 105m/m. Derrière cette villa se trouvait un cabanon maçonné, occupé par un S.D.F avant l’heure, ancien professeur, appelé « Ricard », qui quémandait quelque nourriture de ci de là. Il y avait plusieurs cabanons clôturés de ce type, qui servaient autrefois d’abri pour les moutons, pâturant dans les « prés salés ». A quelques mètres du cabanon (casot), existait une tour (à l’emplacement actuel du dépôt d’eau et de la table d’orientation) la « Torre d’en Sorra », ancien moulin à farine d’origine, dynamitée par les allemands le jour du débarquement en Normandie du 06 juin 1944 et chantée par Jordi Barre !
Ce même sentier possédait en ce lieu, une appellation particulière « sentier des douaniers », qui datait sûrement de l’époque de la contrebande maritime. Sous de grands chênes toujours présents, les douaniers, dès que le jour baissait, se postaient et surveillaient les allées et venues des bateaux, qui, pour certains, n’étaient pas que de pêche.

Il va sans dire que les adolescents ou jeunes tout simplement, appréciaient les promenades sans lumière sur la route centrale, les rencontres se déroulant ainsi discrètement. Ils passaient aussi quelques moments au bord de l’eau, admirant au loin les chalutiers qui utilisaient les « lamparos » ; ces lumières donnaient l’illusion d’avoir en face à l’horizon une agglomération énorme. Le seul inconvénient de ces sorties nocturnes était dû aux moustiques trouvant dans le « grau » un milieu favorable à leur développement, car la démoustication n’existait pas encore ! Mais par précaution, les parents nous enduisaient d’une bonne couche de citronnelle pour nous protéger des piqûres. N’existaient pas non plus, les animations comme on les conçoit de nos jours, seule la fête du Racou sortait du lot : Concours de plage avec concours du plus beau bébé, courses de sac, brouette humaine, volley… Pour les plus grands, chasse au canard aux ailes liées qu’il fallait attraper dans l’eau de mer, et la pétanque.

Après les festivités à la portée de tous…
Le soir un bal se déroulait sur la nouvelle place, cimentée par les bénévoles en 1948 et dont le ciment et la bétonnière avaient été fournis gracieusement par Emile Arnaud, entrepreneur de maçonnerie à Perpignan et habitant du Racou. Ces bénévoles faisaient parti du
nouveau comité des fêtes du Racou, et s’appelaient : Jean Delaux, Coq dit « Flux », Serge Jorda, Jean Darnis, Marcel Falquès, Guy Doutres, Francis Laplace, etc…Cet espace nouvellement aménagé, recevait aussi le cinéma aux étoiles.

A la fin des années 50, le Racou prit un essor dans la modernité et dans la création d’activités commerciales. Quelques magasins se créèrent, boucheries, épiceries, la presse par M. et Mme Santenac, etc…Un nouveau café vit son ouverture appréciée par les promeneurs ; en effet, sa situation au bord de la rue centrale créa un autre pole de distractions, son nom « La Caravelle » et son propriétaire était M. Ferrer. Aux abords du café et alternativement par semaines, se déroulaient quelques séances de cinéma en plein air, et des petits bals animés par Georges Barre et Armand Samso. Les gens prenaient possession de ce coin, en dehors des Roussillonnais, nombreux se comptaient les Toulousains, les vrais, toujours exubérants et gais. Par contre peu d’Argelésiens d’origine !

… le sacre de la pétanque pour les sportifs!
Quant à la pétanque, elle avait deux endroits de prédilection. La première au café « Soler » qui accueillait dans la journée les joueurs au quotidien, surtout l’été et le dimanche. Les joutes nocturnes se déroulaient sur la piste terrasse empiétant sur le sable à 30m de la mer, que l’on aperçoit sur les vues aériennes de 1952 et 58. Que ce soit de jour comme de nuit, ces parties de boules acharnées étaient animées par des joueurs très typiques comme « Pigalle ». Il arrivait sur son vélomoteur, en short, la pipe en corne recourbée aux lèvres, sortait ses boules du billot arrimé au porte-bagages avec de la ficelle, puis invectivait avec un humour grivois ceux qui l’attendaient pour en découdre. Excellent tireur, tout le monde se l’arrachait pour le compter dans son équipe et gagner ainsi le fameux et célèbre « petit jaune » mis en jeu. Connu de tous, même par les estivants, on ne parlait pas encore de « touristes », il jouait le jeu et il en rajoutait, ce qui rendait heureux les gens qui n’attendaient que cela ! L’autre lieu de rencontre plus spacieux, qui de nos jours tient lieu de parking, se situait devant « l’hôtel l’Oasis » appartenant au couple Jean Gosset, ou devant la villa voisine d’Emile Arnaud. Là les estivants plus nombreux s’affrontaient entre eux parfois mêlés d’autochtones, tels Georges Farré, Daniel Baruteu, Alzine,Henri Capeille, Emile Arnaud, Joseph Delaux, Planas, Doutres, Coq, Jaubert, le frère de J. Gosset et bien d’autres, occasionnant des rivalités « catalano-parisiennes » sympathiques. Beaucoup de ces « parisiens » car tous ne l’étaient pas mais appelés ainsi, séjournaient à l’hôtel l’Oasis. Ils étaient hélés à l’heure du repas par Jean Gosset qui hurlait des « Dagadag » suivis, énormes, tonitruants, soulevant l’hilarité de tous ! Ici le maître incontesté des joueurs s’appelait Audi, maçon de son état, retraité et habitant le Racou devant l’Oasis, durant quelques mois. Il était appelé le « Raspallaire » car il tirait remarquablement en faisant racler la boule au sol, loin avant celle visée, et, comble de tout, la touchait sans modifier le jeu ! Lui aussi était ce que l’on peut nommer un fin et élégant joueur. Outre ces boulistes renommés, il y en avait d’autres tels Gleizes, Claudie Casenove, Michel Soler, qui savaient parfaitement interpréter l’art théâtral du joueur de pétanque « le cinéma » ! Cela favorisait l’énervement des adversaires qui souvent succombaient à ces mimiques déstabilisantes. Le spectacle offert, valait le déplacement, et les encouragements tant pour le jeu mais surtout pour cette animation, voyait les voisins se trémousser sur les bancs avec force cris. Une supportrice fervente, Fanny Sin, essentiellement là pour son petit fils Claudie, savait faire entendre sa voix ; de plus, demeurant à côté du café de Michel Soler, elle pouvait guetter les moments propices de ces joutes distrayantes ! Ces diverses pistes boulistes très fréquentées accueillaient aussi les concours. Les joueurs, malgré qu’ils aient un site de prédilection, allaient quand même d’un coin à un autre. Lors des divers concours de boules, un homme et sa triplette réputée dans le Roussillon, faisaient parfois le déplacement. Rares étaient les fois où il se faisait éliminer de la compétition, il se nommait Palanque, et fut durant de nombreuses années un des meilleurs joueurs catalans connus.

Les congés payés et le camping font conjuguer le verbe « être libre » !
Ces années 50/60, virent descendre en masse les premières familles venant profiter de leur quatre semaines de congé payé, certaines dans des locations, d’autres plus nombreuses dans leur campement familial. Un camping, sans barrières, sans contrainte, d’un confort modeste, qui
serait sûrement inacceptable de nos jours! Les campeurs, installent leur tente en toute liberté dans les coins qui leur conviennent le mieux : au bord du Grau, dans les anciennes vignes pas encore bâties, quelques-uns sur le sable, d’autres dans les criques ou dans le bois du Vall Maria. Ce dernier lieu, appartenait au Général Bertrand de Balanda, qui résidait au Mas Clerc. Le « général » comme on l’appelait communément, circulait malgré son âge avancé, tout d’abord sur un vélo Solex, puis dans une 2cv d’où il pouvait, sans trop marcher, se promener, tout en surveillant ses terres et ses vignes.

De temps en temps on pouvait apercevoir également juché sur son cheval, venant d’Argelès, le docteur Canceil arpentant le bord de mer pour la plus grande joie de sa monture.
Les locations en meublé se faisaient sur le mois complet, et bien entendu, le plus onéreux était celui du mois d’août. Cette façon de faire, permettait à tous de se connaître, des affinités se liaient car beaucoup de ces personnes revenaient très souvent et régulièrement au même hôtel ou chez le même loueur de meublé. Le moyen le plus utilisé pour venir en vacances était le train. Les premiers jours du mois, les taxis n’arrêtaient pas leur va et vient incessant entre la gare d’Argelès et le Racou. Mais tout le monde ne se déplaçait pas pareillement. Il y avait un couple de linotypistes qui venait de Paris à bicyclette jusqu’à la « Villa Pascal Lovato », repartait fin septembre toujours en vélo, et que nous, enfants, surnommions les « Fausto Coppi » du nom du très célèbre Italien vainqueur en 1949 et 1952 du Tour de France ; il faut dire aussi qu’il y avait chez l’homme une certaine ressemblance avec le champion transalpin ! Des habitants sportifs du Racou utilisaient eux aussi le vélo de « course » pour y passer la journée. On croisait sur la route Jean Farré, André Capeille, Marcel Falquès, etc…avant qu’ensuite on retrouve les mêmes et d’autres quelques années plus tard sur des « Mobs, Solex » ou des scooters « Peugeot, Lambretta et Vespa ».

Toute une époque où chacun s’entraidait, se passait un objet utile et nécessaire, par exemple de la nourriture ou tout autre chose en dépannage Parfois, se véhiculaient du Racou vers Perpignan, ceux qui ne possédaient pas encore de voiture. Dès que quelque chose d’extraordinaire survenait, on se réunissait inopinément afin d’examiner la meilleure solution possible ! Est-ce la même entraide aujourd’hui ? Souhaitons-le !

Les livreurs… à deux… ou quatre roues.
Pour l’alimentation quotidienne, les épiceries d’Enriquette et Sébastia et celle des Penaud proposaient l’essentiel, puis pour le reste, nombreux étaient les commerçants d’Argelès qui portaient à domicile, à vélomoteur, les commandes faites par ces mêmes porteurs deux à trois jours auparavant. Ces deux roues, livraient la viande, le poisson, le pain, etc…et de temps en temps, le progrès aidant, des camionnettes d’ambulants, appelaient les gens avec des coups de klaxon ou de trompe. Parmi ces commerçants livreurs, on trouvait des noms très connus à Argelès comme les boucheries Fabre, Autonès et la boulangerie Briqueu qui apportait même de la pâtisserie le dimanche !. Pour ceux qui n’avaient pas de pêcheurs dans la famille, ils s’approvisionnaient une à deux fois par semaine auprès de l’épouse d’un pêcheur de Saint-Cyprien, venant à bicyclette, une corbeille remplie de poissons, la balance romaine à plateau et le papier journal pour emballer sardines et autres variétés du moment.

Concernant la conservation des denrées alimentaires, nombreux étaient ceux qui possédaient des glacières, fabriquées en bois et capitonnées de plaques de liège pour l’isolation.
La réfrigération s’obtenait avec de la « glace à rafraîchir » livrée en camion par les établissements Demonte Frères, d’Elne. Cette fabrique venait au Racou deux fois par semaine et vendait la glace à la barre, en demi ou quart de barre.
Il fallait donc être attentif à tous ces divers passages alternatifs de fournisseurs !

Enfin…la « Commune Libre » et son « Maire » !

Le remodelage de la plage se poursuit plus tard avec la construction du port, ce qui valut de raser la ligne des pyramides allemandes en les enterrant ou les faisant servir de récif en mer.

Au milieu de cette population de Racouniens, un homme œuvra beaucoup pour l’agglomération, il s’appelait Astruc, chemisier de son état à Perpignan, et propriétaire d’une villa située au « Caminal dels Ocellets ». Toujours bien informé et décidé, il fit des pieds et des mains auprès des élus de la ville, afin de donner aux rues les noms en Roussillonnais que vous découvrez de nos jours, mais aussi, pour que le Racou soit élevé au rang de « Commune Libre ». Voici, par exemple, quelques noms de rues : Passatge del Septimig, Avinguda de la torre d’en Sorra, Passeig del Aparcament, Passeig dels Franquets, Carrer lo Pardal, Pas de la Patacade, Carrer d’en Joan del Riu, Carrer de la Cargolade, Trabessa de les Engarotes, Carrer de les Guiules, Plaça de les Granotes, Corn al Raparou (la plus part des noms sont incorrectement rédigés en langue catalane, mais nous avons tenu à les publier tels qu’ils figurent sur les plaques des rues). Élu, il entra même dans les années 60, au conseil municipal d’Argelès sous le règne incontesté de Gaston Pams, maire et sénateur des P.O. Son surnom qui n’était en rien péjoratif, lui avait valu la distinction très honorifique et symbolique de « Maire du Racou » !

Il est vrai que le Racou de ces années était le berceau de ce que l’on pouvait appeler une « grande famille ». Dans un de nos prochains numéros, nous évoquerons la pêche au Racou, telle que la pratiquaient les professionnels et les amateurs de poissons qu’ils soient de « sable ou de roche ».

Nous remercions tout particulièrement Mme Danielle Faget, MM. Jean Delaux, Jean Farré, Marcel Farré, L’Usine à Glace du Moulin Neuf à Elne, qui ont bien voulu nous donner des renseignements, des anecdotes et des photographies, contribuant ainsi à mieux faire connaître l’histoire du Racou.
(1)- Dans les numéros 20 et 24 de Massana ont déjà été invoqués certains aspects de la vie quotidienne du Racou et des ses habitants. L’auteur depuis sa plus tendre enfance a vécu beaucoup de ces situations.
Légendes des Photos et Reproductions - De gauche à droite en partant du haut : Panneaux routiers actuels - Racou avant 1940 - l'Âne dans le travail du jardin 1949 - Racou en 1952. CP édit A L'Hoste Paris - Racou 1960 - L'établissement Fabre des années 1930 Edit Narbo Narbonne - Vue aérienne de 1962 - Premier comité des fêtes 1947 - Mas Bardou Job et Chalet Marguerite. Peinture 1950 environ - La pétanque au bord du grau - Les anciennes plaques de villas - Dans les criques les campements s'installent - Les premiers rochers et la villa Al Roc - La plage et les baigneurs des années 1950 CP Edit G. Farré Argelès - La rue principale, années 1950.

mercredi 5 novembre 2008

Notre prochain numéro 26

Revue Massana-Albera, Annales Annals n°26.
Vers la fin du mois de novembre, Massana vous propose dans le prochain n°26, de vous plonger dans les différents articles qui suivent.
Tout d'abord le maire d'Argelès, M. Pierre Aylagas a signé un éditorial sur le 40ième anniversaire de la revue et J.P. Lacombe-Massot, nous parle de la remise du "Trophée
Albera-Viva" à Andreu Capeille pour l'ensemble de ses actions, tant au "Museu Casa de les Alberes" que dans le domaine historique de la revue.

La Perabona
, dans sa chronique, se félicite du retour de la Croix de la Llipodère sur le chemin qui va de Mariailles au Pla Guillem.


Dans la rubrique Vie Quotidienne, A. Capeille retrace dans un article bien documenté -
La pêche au Racou avant les vacances d'aujourd'hui - qu'elle soit professionnelle ou amateur.

Gilbert Llong
, fait un bref historique des activités théâtrales du
Grup Ultrera de Sureda
.
Les livres sur l'Albera ne sont pas oubliés, ainsi que la présentation par
André Vinas
, du 8ième Festival du Livre de la Mer et de la Montagne qui a eu lieu au mois d'octobre à Argelès plage.
Armand Aloujes dédie une poésie à "La Massana" tandis que "Capbreu" d'Argelès présente sa visite dans le comté d'Empuries

Dans la rubrique - Chantiers, Évènements - vous pourrez suivre la mise en route à Argelès, du lotissement "les Cyprès".

Bernard Rieu dans deux articles nous parle de la Voie Vallespir et de la sortie à Montesquieu du Tunnel Bitube du TGV agrémenté par deux photographies aériennes de Frédéric Hédelin.
Viennent ensuite: Un atterrissage au Racou de deux parapentes - Les 50 ans du "Foment de la Sardana d'Argelers" - L'exposition Routes et sentiers, els camins de la historia - La visite du bateau Le Belem à Port-Vendres - L'ouverture à La Jonquera du Museu de l'Exili - La traditionnelle annale météo d'Argelès-Albera -

Lina Prud'homme reprend le thème de l'âne Catalan dans un article : L'Ase... el Ruc... el Guarà... el Burro català, devenu un véritable totem symbole de la catalanité.

Puis pour terminer la revue, l'insolite est de retour avec deux sujets : Un cygne noir à Port-Argelès - Sus aux vaches dans l'Albera.
Photos : La pêche (1/2) au Racou : à gauche, retour très poissonneux, à droite la pêche aux oursins - Lotissement Les "Cyprès d'Argelès" - La "Voie Vallespir" vers le Boulou - El burro Català - Cygne noir - (Clichés A. Capeille)