De Cerbère au Pic Neulos et de la Tour Massana au Boulou. Histoire, Patrimoine monumental et Naturel. Vie quotidienne. Événements. Revues et Livres. Gastronomie et Vins de l'Albera.

vendredi 11 janvier 2019

La matière première sur place

HISTOIRE DE SOREDE.

DES MATERIAUX ET DES HOMMES A SOREDE.
Christian Baillet

Le territoire de Sorède, situé au pied du massif de l’Albera, se caractérise par sa diversité géologique. Les Sorédiens  d’antan ont su largement tirer parti de ces matériaux naturels trouvés dans cet environnement. Depuis les pierres utilisées dans l’édification de leur maison, jusqu’au calcaire composant la chaux, en passant par le sable dans la fabrication du verre ou l’argile rentrant dans la composition des cairós1, tout un éventail de ces matériaux s’est offert à eux. Tous ces éléments naturels viennent agrémenter les ruelles et les constructions de notre village, lui procurant un aspect typique et une personnalité architecturale. C’est aussi grâce à ces matières premières extraites de son sol, que des activités artisanales ont pu voir le jour et se développer au fil du temps. Pour toutes ces raisons confondues, ces matériaux représentent un patrimoine vernaculaire s’intégrant parfaitement au paysage, et ces hommes des savoir-faire remarquables que l’on ne saurait ignorer.

Une diversité géologique
Dressons d’abord un bref aperçu de ce qui se trouve sur notre territoire. A l’entrée nord de celui-ci, plus précisément sous le château Fontès, les érosions causées par la rivière laissent émerger des alluvions : des sables et des cailloux. Plus haut encore, non loin du Mas del Ca dans la vallée de La Farga, les premiers gneiss en strates commencent à apparaître. Ces derniers, contenant du mica, sont disposés en couches de sable friable. Enfin, bien plus haut dans la vallée du Tassió, on peut y déceler des zones de gneiss plus compacts, intercalés dans quelques couches de calcaire. 

La vallée de la Massana, quant à elle, renferme tout autant de diversité. Une carrière de pierres à ciel ouvert, implantée au bord d’une falaise et abandonnée depuis plus d’un siècle, laisse entrevoir des traces de cette roche à l’aspect très spécifique. Ces différentes veines légèrement bleutées sont particulièrement reconnaissables quand on chemine non loin de cette ancienne carrière le long de la piste « coupe-feu ».
Ces gneiss - ce que l’on nomme ici le « granit de l’Albera » et qui est en réalité une roche métamorphique très dure - devenus parfois friables, se sont transformés en sable et en galets. Une fois polis par le temps, tous ces agglomérats et ces roches s'additionnent pour créer un amas de blocs et de matériaux alluvionnaires sous forme de chaos, notamment dans la partie du village située à gauche de la rivière du Tassio. Un quartier doit d’ailleurs son appellation à ce phénomène : le Tarter. Nombreuses de ces roches se retrouvent également dans les deux rivières sous l’aspect d’amas de blocs usés. Enfin, au niveau des sommets du Pic Neulós au Pic des Quatre Termes, les parties mises à nu montrent des affleurements de schistes. 

Avant le XIXème  siècle, l’exploitation s’opère  à petite échelle et de façon artisanale.
Concernant cette exploitation ancestrale, les archives municipales ne permettent pas de remonter antérieurement au XIXème siècle. Essayons cependant d’en faire un inventaire succinct en se fondant sur quelques informations glanées dans les livres d’histoire.
Il est toujours difficile de dater la première extraction d’une carrière de roche car celle-ci s’est souvent déroulée sur plusieurs siècles. Ceci est d’autant plus vrai qu’elles ont été exploitées depuis l’antiquité au fur et à mesure de la découverte d’une couche de matériaux. Il est permis de penser que les moines de Sant Andreu de la Sureda en ont largement bénéficié pour leurs constructions. En 1285, une information les concernant, nous est donnée par l’intermédiaire de Ramon Muntaner, dans son récit sur la croisade de Philippe le Hardi. Il y parle des moines de l’abbaye de Sant Andreu de la Sureda venant s’approvisionner en pierres dans la Vall de Montbram. A cette époque, l’exploitation s’effectue le plus souvent en traitant directement les alluvions (sables, graviers, pierres) déposées dans les rivières, ou en extrayant la roche à ciel ouvert, toujours en petites quantités. Les gisements semblent essentiellement localisés dans la zone boisée du piémont pour des facilités évidentes d’extractions.
     Les grosses pierres extraites sont transformées en meules, en abreuvoirs, mais peuvent être aussi débitées en moellons pour construire des murs de maison, mais aussi comme pierres d'angle, de jambage ou de linteaux de porte par exemple, ou dans l’appareillage des églises. L’extraction de la roche est totalement manuelle et elle est débitée sur place. L’une d’entre elles, ébauche d’une mole d’agua (meulière), reste encore visible le long de la côte montant à Notre Dame du château. Abandonnée depuis des siècles, c’est une des rares pièces à avoir résisté aux comblements naturels. Il suffit de l’observer de plus près, pour distinguer les traces d’outils à pic ayant servis pour la débiter manuellement.
     Les pierres de calcaire extraites de ces carrières permettent également d’élaborer ce mortier de chaux indispensable dans le hourdage des murs en pierres. Quelques appellations dans la toponymie des lieux sont évocatrices de cette exploitation. Elles nous confirment par leur dénomination la présence de ces fours : Els Fornets2, une zone s’étendant approximativement du Roc de Las Medes au Coll de l’Aranyó et El Forn un  lieu-dit, situé non loin du Pic de la Torretta. Ce dernier est daté de « l’époque moderne3 », d’après le rapport de fouille établi par de Ch. Vaschalde, que l’on peut rapprocher d’un autre publié en 1805, mentionnant la constatation suivante : «  Surede : une carrière de pierre pour la chaux est exploitée mais le granit n’est pas exploité ».4

XIXème siècle : l’époque bénie pour les carrières. L’exploitation se fait plus industrielle
     Elle coïncide avec une période de développement économique, entraînant de grands travaux de voirie et d’ouvrages d’art, notamment celui du pont de la ligne de chemin de fer (de Palau del Vidre  à Argelès sur mer, en 1883) enjambant le Tech. Mais cette exploitation peut-être aussi destinée à des constructions communales5 comme les puits, la réalisation du pont en 1843, celle de la route conduisant au hameau de Lavall rendue carrossable en 1888, la réfection et l’empierrage des chemins vicinaux, la construction d’un barrage pour les besoins d’irrigation en 1889, etc… Notons au passage qu’une impulsion leur a été redonnée grâce au renouveau de l’administration des Ponts et Chaussées. 

Dès le début de ce siècle, la commune saisit donc cette opportunité, en mettant à disposition plusieurs carrières et en construisant un four à chaux communal. Elle profite ainsi des retombées pécuniaires en tirant de leurs locations, quelques subsides pour son budget communal6. Ce regain d’activité a aussi un effet bénéfique en matière d’emploi pour les Sorédiens. Il a cependant ses revers de médaille : la dégradation des routes causée par le passage fréquent des nombreux charrois, les risques de feu ou  l’usage abusif des chemins privés. 
A l’avenir, toutes ces difficultés vont générer de très nombreux conflits. De multiples procès, suite à des irrégularités dans les transactions, du non-respect des traités (ce que nous nommons aujourd’hui des conventions), des tarifs préférentiels, des passe-droits dans l'attribution des concessions, vont provoquer des contestations, tant du côté des administrations territoriales que des entrepreneurs de travaux publics7. 

XIXème siècle : Le temps des conflits d’usages et d’intérêts (1843-1909)            
     Prenons-en connaissance à travers les extraits de quelques lettres représentatives, conservées aux archives communales. Elles couvrent une période s’étendant de 1843 à 1909 et reflètent parfaitement ce climat conflictuel permanent.
Une première information apparaît en 1843. Elle concerne une adjudication publique en vue de l’afferme d’une carrière de roche communale et d’un four, tous deux situés près du pont de la Rasclosa8. Un compte-rendu de séance nous révèle que « La mise aux enchères a été soumise à l’extinction de bougies et qu'elle a donné lieu à plusieurs feux allumés car il y a eu de nombreux postulants ». A l'issue de cette consultation, le conseil municipal s'est rendu, comme il se doit « au plus offrant et dernier enchérisseur », mais cette décision est contestée par les candidats non retenus. Ils dénoncent des irrégularités sur l’attribution du marché et s’opposent sur  une clause du cahier des charges, stipulant que «  Le fermier ouvrira le four et ses dépendances en bon père de famille et que la chaux produite devra faire l’objet d’une réduction de 50 centimes par 126 kg pour les Sorédiens ». Quelques mois plus tard, le bilan annuel de son exploitation établit que la chaux fabriquée dans deux fours (l’un est encore visible aujourd’hui, et situé non loin de la maison des chasseurs). Il rapporte à la commune plus de 72.50 francs pour 145 charges produites9 ; une aubaine pour le budget municipal dont le faible budget ne dépasse pas les 4000 frsAC !
     Les années suivantes, l’intérêt pour ce type d’exploitation ira croissant. Elle fera même l’objet de limitation, à cause des risques d’incendie provoqués par les fours. Rappelons à ce sujet que la chaux s'obtient par la chauffe de pierres calcaires à une température très élevée, et que cette calcination à feu continu demande une attention de chaque instant tout au long du processus (de 4 à 5 jours). A titre de prévention de nombreux arrêtés municipaux vont rappeler régulièrement : «  qu’il est interdit de faire de la chaux à moins de 100 perches10 de distance des pasquiers et des forêts ».
     En 1843, à l’occasion de la construction du pont, le cahier des charges impose : « l‘obligation de réaliser les culées en maçonnerie, la voute et le cordon horizontal en maçonnerie de briques, toutes les autres parties en pierres sèches et les angles des parapets en pierres de taille. » Il est de plus précisé que « la chaux sera prise au four le plus voisin (en l’occurrence à celui de la Rasclosa), le sable sera pris dans le lit du Tech ». « Quant aux moellons pour la maçonnerie ils sont à pieds d’œuvre et les pierres de tailles sont aussi dans la rivière et doivent être prélevées dans un rayon de 100 mètres. »
     En 1880, une attestation est délivrée par le ministère des travaux publics, en vue de l'excavation de roches sur de nouveaux terrains communaux. Selon les termes du contrat, il s’agit « d’une autorisation temporaire qui est accordée pour les besoins de l’élargissement de la route départementale N°7 entre les bornes 15,7 km et 16 km ». L'exploitation vient de débuter que déjà des divergences se font jour sur l'exécution du contrat. Une action judiciaire est même engagée par la mairie qui ne peut plus accéder à la carrière pour ses propres besoins. Pour sa défense, le fermier argue que « la mairie doit lui laisser la libre jouissance de la carrière qui lui a été adjugée. » Cette dernière action se terminera par une mise en demeure du fermier décrétée par la sous-préfecture, afin que celui-ci laisse le libre accès aux services municipaux.
     L’attribution et la gestion de ces marchés publics restent néanmoins un exercice difficile. Pour preuve cette autre plainte déposée en 1882, pour non-respect du cahier des charges. Une nouvelle action judiciaire est intentée, qui à l’instar de la précédente conduit le fermier a une condamnation « pour non-respect du traité et pour prétentions exagérées du fermier et ses résistances qu’il a éprouvé à extraire les matériaux de la carrière au lieu-dit Le Soula del Parré 11». 

En 1884, c'est au tour des entrepreneurs, chargés de la construction de la voie ferrée, reliant Elne à Arles      sur Tech, de solliciter la mairie. Ils veulent obtenir l'autorisation de s’approvisionner dans de nouvelles carrières de notre commune. Selon la formule consacrée : « la mairie donne un avis motivé en vue d’une occupation des terrains N°270, 359, et 3363, section B12 ». L’arrêté préfectoral pris à cette occasion fait état de « de rochers et de terrains incultes et abandonnés », alors qu’un constat réalisé peu après sous forme d’un état des lieux contradictoire, révèle que « le terrain a déjà était exploité et que le précédent entrepreneur a laissé la carrière en mauvais état, occasionnant de gros travaux de déblaiement. » L’entrepreneur mettra fin brusquement à ce « traité » au motif que « l’exploitation engendre des coûts supplémentaires. » 
En cette même année, un autre entrepreneur fait l’objet d’une énième plainte émise par la commune pour cause « d’extraction illicite de moellons dans la rivière ». Il est rajouté que celui-ci : « se permet de creuser dans la rivière sans autorisation pour en extraire des pierres et que cet enlèvement approfondit considérablement son lit et qu’il arrivera un moment que les propriétés qui forment les franc-bords s’ébouleront ». L’entrepreneur justifie cette extraction - pour ne pas dire ce « commerce de la pierre » - par un besoin spécifique de pierres destinées à des ouvrages d’art. A l’issue de l’enquête, l’entrepreneur sera condamné à un dédommagement et sera dans l’obligation de remettre en état le lit de la rivière. Suite à cette affaire, le maire prendra un arrêté dans lequel il précisera : « qu’il est interdit de faire dans la rivière de Sorède, et dans la traversée du territoire de la commune aucune extraction de pierres ou de blocs quand il faut pour les enlever creuser le lit ou employer la poudre. Les blocs même roulants situés le long des berges et jusqu’à 4 mètres de distance ne pourront non plus être enlevés. »
     Peu après, c'est au tour d'administrés à faire valoir leurs droits, obligeant la commune à prendre parti dans des litiges, au demeurant d’ordre privé. Une plainte est déposée au prétexte que « l’accès à la rivière se fait sur des parcelles appartenant à des propriétaires privés ». Ces derniers demandent à être indemnisés « suite aux dégradations occasionnées par le passage et l’occupation temporaire de l’espace ». De son côté, le conseil municipal estime que « le trouble causé au fermier est indépendant de la volonté de la commune et qu’en conséquence il décline toute responsabilité ». Il demande que cette affaire soit réglée directement entre les deux protagonistes. Après maints échanges épistolaires, négociations de toutes sortes, et à l’issue d’un recours déposé à la sous-préfecture, les administrés obtiendront gain de cause.
     Entre 1888 et 1889, cette exploitation bat son plein, au point qu'en deux ans d'exploitation plus de 3461m3 ont été extraits sur le territoire de la commune. Ils servent, entre autres, à l’exhaussement de la route entre Elne et le pont sur le Tech, ainsi qu’au rechargement de la route de Taxo et celle du Mas Clerc.
Désormais, c’est au tour du contrôle volumétrique des matériaux extraits de faire l’objet de contestation. Cette discordance sur « les cubes » (dénomination pour désigner 1m3 de matériaux) proviendrait « des formalités qui ne seraient pas toujours faites en bonne et due forme », si l’on s’en tient aux dires du maire. Ce a quoi les entrepreneurs rétorquent que : « des omissions involontaires existeraient dans les déclarations, voir des abus sur la destination des matériaux, mais qu’ils ne sont pas tous obligatoirement de leurs faits ». Parmi ces arguments, il en est un néanmoins avéré : c’est que ces derniers rechignent en général à communiquer les quantités de matériaux extraits. La municipalité, quant à elle, ne se livre à aucun contrôle, et quand bien même il y en aurait, le cahier des charges ne prévoit pas de sanctions. En 1888, excédé par toutes ces dérives, le maire demande au Préfet de diligenter une expertise en vue de contrôler la quantité de pierres extraites pour l’entretien de la route N114. Pour ce faire, il invoque que « la quantité est de beaucoup supérieure a toute celle qui a été employée et il semble qu’un tronçon n’a pas été déclaré. »
     Le recouvrement des baux est un autre sujet de polémique. Outre les charges auxquelles les entrepreneurs sont astreints, des redevances supplémentaires leur sont réclamées pour compenser les frais occasionnés par le passage des tombereaux (1 tombereau équivaut à 2 m3). Le maire a beau multiplier les lettres de relance en rappelant : « qu’il faut que l’entretien du chemin qui conduit à la carrière soit proportionnel aux nombre de convois », rien n’y fait ! Il est permis de penser en effet que les injonctions du maire ne sont pas toujours respectées, car en 1890 il est une nouvelle fois obligé de sanctionner un entrepreneur au motif « que Les tombereaux affectés au transport de pierres extraites à la carrière communale rendent impraticables le chemin vicinal N°4 qui conduit au moulin Cassagnes (Mas Cassanyes aujourd’hui) et que les dalles des aqueducs sont brisées et les eaux du canal sont interceptées en divers points...»
     En 1909, une nouvelle fois, « l’Administration vicinale » confie l’adjudication des routes nationales en   désignant la carrière de calcaire de Sorède comme lieu d’extraction du gravier. Elle doit alimenter le revêtement de la route N 114 (de Perpignan à Port-Vendres), un chantier gros consommateur de matériaux. Conséquence, une nouvelle carrière est créée à Lavall. Désormais, deux clauses sont rajoutées de façon plus explicite, mentionnant avec précision « quel est le maitre d’ouvrage et le destinataire des matériaux, et l’engagement du concessionnaire à maintenir la bonne viabilité de la route, sous peine d’amendes forfaitaire … ».  
     L’année 1932 verra la mise en service d’une des dernières carrières en vue de « fournir le macadam et les matériaux granitiques nécessaires à l’entretien des routes et chemins vicinaux du canton. », selon un contrat sur la passation d’un marché de 10 ans, entre le département et l’administration des Ponts et Chaussées.

L’après-guerre : l’époque du déclin des carrières
     Le revenu tiré de ces carrières s’amenuisant, fait péricliter la demande et signe plus ou moins l’abandon de cette activité sur Sorède. Peu après la guerre, l’amélioration des moyens de transport et la mécanisation aidant, les techniques d’extraction et d’excavation se font de plus en plus perfectionnées. L’élévateur, la scie à moteur…plus modernes entraînent la disparition des outils du picapedrer et du moler, comme le treneu, la martellina, le cisell, le mall, le punxó, la barina ou la pala pour le forner et le calciner13. Le transport n’est plus assuré par des tombereaux hippomobiles mais par des voitures à moteur. Les paneres (paniers en osier) disparaissent au profit de bennes à moteur, l’asphalte ayant fait place progressivement au revêtement en gravier. 
     Dans les années 60, l’avènement d’un nouveau lotissement aura beau amener un sursaut de regain pour une carrière et une petite usine de tailleurs de pierres, tous deux situées dans « La vallée Heureuse », il sera de courte durée. Finalement, il ne restera de tout cela que ces appellations de lieux-dits et d’outils retrouvés dans des documents d’archives, voire quelques traces de ces anciennes carrières aux parois s’effritant.
L’exploitation de ces carrières a constitué un secteur important et indispensable de notre économie locale, à une époque où des considérations, tels que l’impact environnemental, l’amenuisement des ressources ou la réhabilitation des milieux naturels, ne se posaient pas encore. Il serait donc superflu de terminer sur un jugement d’ensemble négatif avec notre vision d’aujourd’hui. Nous ne pouvons que regretter le savoir-faire de tous ces carriers !
 Photos 1 Carrière communale Rolland - 2 Four à chaud - El forn – Collection privée de M. Roland Bartoli - 3 Four à chaud –Maison des chasseurs

1 Briques pleines rectangulaires
2 Ce toponyme désigne des fours. Il peut être associé à des fours à chaux mais aussi des fours à bois
3 L’époque a pu s’échelonner sur plusieurs siècles car il peut y avoir eu réutilisation
4 Le document date 2012. Il est de Mr Christophe Vaschalde du Laboratoire d’Archéologie médiévale et moderne en Méditerranée UMR 7298. Le second document est intitulé « Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies avec une nouvelle description topographique physique agricole politique industrielle et commerciale de cet état  par une société de gens de lettres et de savants» de Louis Prudhomme
5 la route qui va au Mas Cassagnes Soula et Jarlé  en1875 N°8 fait 4 m de largeur en 1887: amélioration du chemin du Rec d'en Frigoul et le Rec Mayral
6 Sorède perçoit peu de rentrées fiscales à cette époque, seuls quelques revenus d’affermage sont prélevés sur les commerces, (elle a perdu le revenu ressource tirée de ses bois récemment)
7 La loi du 21 avril 1810 introduit cependant les notions de "déclaration au maire de la commune, qui la transmet au préfet" et de "surveillance des exploitations par l'administration"
8 Une Rasclosa est un barrage, retenue de l’eau de la rivière permettant d’alimenter en eau un canal d’arrosage. Il se trouve situé à l’entrée de la vallée de la Farga
9 Soit une taxe 15 centimes par m/3 de chaux
10 Mesure d’arpentage équivalente à 7 mètres environ
11 à voir section B N°566. Cette exploitation a été recensée en 1874. En 1921, un autre était localisé au Roc del Paré, dont la concession avait fait l’objet d’une délibération du conseil municipal
12 Entre autres au « Clot del Tremoulé » sous le « Roc del Paré » non loin de l’Ermitage de N.D. du Château
13 Cette terminologie foisonnante qui y est associée montre à quel point tout ce qui touche à ce métier était important : traineau,  barre à mine, ciseau, marteau, pic à découper,  fourche large, fourche courte, pèle, pour le chaufournier

vendredi 4 janvier 2019

Les Insolites du Racou

UN ŒIL RACOUNIEN ! Andreu Capeille

Au fil de quelques promenades dans les rues de la petite "commune libre" du Racou, on peut sans se presser découvrir certaines anomalies qui vont du Pop Art à la "grammaire catalane ou française", ou bien des fautes d’orthographes dans nos deux langues favorites!
     L'oiseau: Le palpable inutile, obsolète ou brisé,  n’est pas une matière à déposer à la déchèterie de notre agglomération. Ceci est valable  pour notre sculpteur de l’éphémère qu’est Henri Bonnes, limouxin talentueux du Racou, créateur d’œuvres totalement imaginaires  Notre « artiste » du Pop-art  a encore sévi dans l'année.
Sur toujours la même placette il improvise un mouvement qui a souvent un rapport avec le quotidien ou par exemple ici l'écologie
Ce magnifique oiseau blanc aux ailes déployées survolant la planète bleue (blanche ici) semble vouloir nous prédire que dans quelque temps il se peut qu’au lieu de voler au-dessus de la mer remplie de déchets plastiques, il volera sur un tas de déchets plastiques mélangés à un peu d'eau de mer!
     L'enseigne: Dans la rue qui traverse la Racou, l’enseigne d'un restaurant a capté mon attention et exacerbé ma curiosité coupable ou pas? 
En effet comme la photo nous le montre on lit "menje ecaille" ? français ou catalan? et pourquoi manger de l’écaille ? Faute donc de français puisque le verbe manger s'écrit avec un "a" et "ge" pour je mange. Peut-être pour dire en catalan comme notre tradition linguistique le dit ainsi "menja i calla". En français "mange et tais toi".
Quoi qu'il en soit, nous devons toujours respecter les langues, et ne pas les adapter pour mieux les comprendre! Même si l'on y mange très bien du poisson sans écaille ! Quand on écrit le nom du célèbre écrivain anglais William Shakespeare on orthographie pas son nom en "Wiliam Chekspire"
     Quelques 50 mètres plus loin, un autre restaurant arbore son enseigne en catalan sans fautes. La formulation impérative qu'il nous demande est : "Mengez ici" ou "Menges ici" se traduit en catalan par : Menja aquí!
     Barque catalane: L'ancien et le moderne se côtoient sans restriction! Notre Llagut de vela, c'est de cette façon que nous appelons nos barques catalanes, semble totalement perdue au milieu de ces rapides et modernes bateaux de plaisances du port d'Argelès côté Racou. 
Mais la poésie de son nom "Pluie de roses" nous comble de fierté et de sagesse.

      Nom de rue : Chercher un "Carré" qui n'existe pas c'est très difficile, et pourtant nous trouvons une plaque de rue tout à fait normale qui nous indique "Carré d'en Joan del Riu" au lieu de "Carrer d'en Joan del Riu". 
     Ce nom est célèbre dans les paroles d'une de nos chanson traditionnelle : "Joan del Riu és arribat amb un pot de confitura; Joan del Riu és arribat amb un pot de raïmat. Ha portat un violon per fer ballar les minyones, ha portat un violon..."


     Tsunami : Il y a de quoi avoir des frissons. En passant sue le parking du Racou, j'ai eu d'un seul coup un haut de cœur, prévenu par la personne à mes côtés qui s'écria, attention! Il arrive un tsunami de sable énorme, vite fait marche arrière !!! Je la rassure de suite, lui précisant que c'est  tout simplement le stock de sable que la ville dépose là sur une centaine de mètres au cas ou...