Gérard Canal
Au pied du
versant nord de l’extrémité orientale des montagnes pyrénéennes, le charmant
village de Saint-Genis-des-Fontaines s’est formé autour d’une abbaye célèbre.
Son tympan a fait l’objet d’un timbre et son cloître a quasiment été
intégralement reconstitué après que ses éléments eurent été dispersés jusqu’en
Amérique1
Le visiteur,
après avoir admiré ces deux éléments, sera bien inspiré de garder toute son
attention pour les six retables baroques de la nef et du transept de l’église
abbatiale. En s’asseyant pour apprécier la paix et la sérénité palpables dans
l’édifice, il aura tout le loisir de lire le livre de plus de 5 mètres de hauteur qui
est ouvert face à lui, dans le chœur, sous la forme du retable du maître-autel.
Il fut érigé
à une époque où bon nombre des personnes ne savaient pas lire. Il répond à une
fonction d’enseignement par l’image et le symbole, selon un code que nous
allons tenter de décrypter.
Le tabernacle
Le tabernacle
Le style baroque et la
Contre-Réforme.
Tout
d’abord, remarquons que ce retable s’insère parfaitement dans l’espace du
chœur. Il obéit à la conception développée lors du Concile de Trente en réponse
à la réforme protestante. Nous savons que les représentations religieuses sont
quasiment bannies des temples protestants ce qui leur confère d’ailleurs, un
aspect austère. En contrepoint, l’église catholique décida que l’édifice
religieux devait être rempli, du sol au plafond, d’images à caractère
évangélique.
Ainsi, le
mobilier devait dorénavant occuper toute la place disponible. Les retables
s’élevèrent jusqu’à la voûte et s’étendirent jusqu’aux murs latéraux.
Pour cette
même raison, aucun espace ne devait plus rester libre sur le retable, lui-même.
De là cette profusion de décors, assez caractéristique du baroque qui donne une
impression déconcertante au premier abord. Le regard stoppé, un bref instant,
sur un détail, se déplace quasi immédiatement vers un autre élément représenté
à proximité et ainsi de suite, jusqu’à étourdir quelque peu le visiteur.
Ce mouvement
incessant des yeux et, par là même, des pensées est conforme à l’idée de
l’expansion sans limite dans l’espace et dans le temps de la doctrine
catholique.2
Le retable proprement dit Saint-Georges

L’’abbaye de
Montserrat est la base solide sur laquelle repose l’abbaye de
Saint-Genis-des-Fontaines.
Au XVIIe s,
la mode est au retable baroque de type salomonique4, caractérisé par
la présence de colonnes torses (enroulement spiralé) et de chapiteaux
corinthiens. Plus précisément, la subsistance de la répartition verticale 1/3,
2/3 des motifs sur les colonnes et le mélange de tableaux et de statues,
permettent de rattacher l’ensemble au début des retables salomoniques. Nous
avons là un mobilier liturgique très complet avec, de bas en haut,
soubassement, prédelle, tabernacle, 1er étage, 2ème
étage, 3ème étage à volutes, fronton au sommet et guardapols sur les
côtés.
La construction de base.
Au dessus du
soubassement, la prédelle est ornée, à la base des colonnes salomoniques, de
quatre statuettes. Ce sont les Docteurs de l’Eglise soutenant ici
symboliquement tout le retable. En 1295, le pape Boniface VIII conféra pour la
première fois le titre de Docteur de l’Eglise à quatre écrivains
ecclésiastiques ayant fait montre d’une habileté extraordinaire, dans la
compréhension et la transmission de la foi ainsi que de la doctrine de l’Eglise
romaine.
Les
statuettes représentent de gauche à droite, un évêque mitré avec une bague à la
main gauche par-dessus son gant (seul évêque mitré, il doit s’agir de saint
Augustin), un pape portant la tiare et tenant un livre ouvert (saint Grégoire
le Grand, pape de 590 à 604), un évêque avec un livre ouvert dans la main
droite (sûrement saint Jérôme qui a traduit la Bible en latin et l’a rendu accessible à tous, ce
qui explique le livre ouvert) et un dernier évêque, un livre fermé dans la main
gauche (ce serait donc saint Ambroise, le quatrième Docteur, le livre fermé
contenant peut-être les doctrines ariennes qu’il a dénoncées).
Le Maître Autel, dominé par Dieu le Père
Le Maître Autel, dominé par Dieu le Père
La peinture
rectangulaire de gauche représente les deux saints Jean. Saint Jean-Baptiste,
partiellement dévêtu pour rappeler son rôle d’ermite dans le désert, tient
d’une main le bâton crucifère avec la banderole portant l’inscription :
« Ecce Agnus Dei » et de l’autre désigne par son index un agneau,
symbole du Christ. En face, saint Jean l’Evangéliste est en train de rédiger
son évangile. A ses pieds, un de ses attributs caractéristiques, l’aigle. Cet
oiseau, capable de s’élever très haut dans le ciel, se réfère à la hauteur des
vues exprimées dans son évangile qui fait que selon les chrétiens, saint Jean,
mieux que personne, a prouvé la divinité de Jésus.
Le contraste
des couleurs entre l’agneau blanc et l’aigle noir évoque les cycles solaires
annuels rythmés par la variation de la durée des jours et des nuits. En effet,
la fête de la Nativité
de saint Jean-Baptiste a été fixée au 24 juin, proche du solstice d’été,
c'est-à-dire lorsque les jours sont les plus longs. Lors de cette nuit très
courte, on allume des feux, dits de la Saint-Jean, pour prolonger l’action de la lumière
et vaincre symboliquement les ténèbres. Jadis, cette fête était appelée la Noël d’été. A l’opposé dans
le calendrier, saint Jean l’Evangéliste se fête le 27 décembre en cette période
proche du solstice d’hiver, où les nuits sont les plus longues. La naissance de
Jésus a été fixée au 25 décembre, date du solstice parce que symboliquement, à
l’image des nuits qui se mettent à raccourcir au profit de la durée du jour, la
venue de Jésus va permettre de combattre les ténèbres et d’éclairer le monde 5.
Saint
Jean-Baptiste, sur les bords du Jourdain, est le premier à reconnaître en
Jésus, le Messie annoncé par les Prophètes. Il est cité dès les premiers
versets du Prologue de saint Jean et, par ailleurs, les écrits de ce même saint
Jean clôturent le Nouveau Testament avec la révélation que constitue
l’Apocalypse.
Nous avons
donc là, un message lié à l’avance cyclique inexorable du temps, et, par voie
de conséquence, dans un contexte doctrinal, à la venue prochaine des derniers
temps.
L’autre
peinture nous présente symétriquement les deux Louis. Au dessus de
l’inscription « Luis » se tient l’évêque de Toulouse, saint Louis
d’Anjou. Il était le petit-neveu du roi saint Louis, représenté de l’autre
côté, avec typiquement ses divers attributs royaux et une auréole. Au centre de
la composition se lit la date de 16386. Les deux saints Louis
représentent respectivement le pouvoir sacerdotal et le pouvoir royal.
Retable de Saint-Michel
Retable de Saint-Michel
Plutôt que
de voir l’opposition entre ces notions, la religion et les sciences humaines
mettent l’accent sur la complémentarité de ces aspects qui sont indissociables
dans chacun de nous. C’est le sens même du mot individu, littéralement
« que l’on ne peut diviser ».
Au niveau de
la prédelle, il ne s’agit que d’un constat, mais celui-ci est une condition
préalable à la construction harmonieuse d’un être humain. Les philosophes grecs
utilisaient à cet effet, la célèbre formule : « Connais – toi,
toi-même ».
Le tabernacle
Le
tabernacle est constitué de deux panneaux peints et d’une porte sculptée. La
peinture de gauche représente un grand prêtre d’Israël se tenant devant une
table d’autel, sur laquelle est posée, une aiguière contenant du vin, et un empilement de quatre pains. Le regard tourné
vers le ciel, ce vieillard chenu présente ces offrandes à Yahvé. Il a la tenue
vestimentaire typique liée à sa fonction de Grand Prêtre avec en particulier le
pectoral sur lequel était inscrit le nom des douze tribus d’Israël et les
clochettes en ourlet au bas de sa robe. En bas, dans un cartouche, apparaît
l’inscription partiellement abrégée qui donne in extenso : « Sacerdos
in aeternum »7
L’autre peinture représente un autre
Grand Prêtre d’Israël dans la même attitude de présentation d’offrandes. Sur la
table d’autel, deux pains sont placés côte à côte. Moins âgé que le précédent,
il arbore le même pectoral. Le cartouche présente l’inscription abrégée
que nous reconstituons ainsi in extenso: « Pontifex futurorum
bonorum », qui annonce de futurs bons souverains pontifes.
Le panneau sculpté central est
occupé par une statuette du Ressuscité.
Placé devant le tabernacle, le
prêtre célèbre l’eucharistie. Cette communion consiste en une action de grâce.
Le pain et le vin sont transformés en corps et en sang de Jésus-Christ.
L’interprétation globale des trois panneaux concorde avec la fonction même du
tabernacle, lieu où sont conservées les deux espèces (hosties et vin).
De la gauche vers la droite, les
trois panneaux rappellent que la première loi mosaïque durant laquelle les
prêtres, selon l’ordre d’Aaron, offraient des sacrifices de sang, a été abolie.
Les prêtres de l’alliance nouvelle, selon l’ordre de Melchisédech, offrent des
offrandes sous forme de pain et de vin, ce qui équivaut au corps et au sang de
Jésus-Christ qui, par son sacrifice, est devenu un prêtre saint et immortel.
Dès lors la Nouvelle
Alliance est éternelle et ce sont ses successeurs, à
commencer par saint Pierre, qui vont la perpétuer. Le prêtre de la paroisse,
ayant obtenu par délégation son sacerdoce, va renouveler cette Alliance à
chaque messe. Le fidèle sera sauvé s’il témoigne de sa Foi en participant tous
les dimanches à l’office divin. Dans ce contexte, le salut passe simplement par
une pratique, la participation à l’office dominical pour affirmer sa foi. Une
foi qui doit être complétée par les œuvres, c'est-à-dire l’application concrète
des vertus cardinales et théologales, plus particulièrement la Charité.
Les trois étages et le fronton.
Le premier niveau est occupé par
deux tableaux et une statue. Les trois figurations sont relatives à saint Genès
ou Genis. Le Martyrologe romain mentionne deux saint Genis, un d’Arles et
l’autre de Rome, qui en réalité ne font qu’un seul et même personnage, celui
d’Arles étant le seul authentique.
Au premier plan du tableau de
gauche, saint Genis, mains liées dans le dos et une corde passée autour du cou,
est mené vers le lieu de son martyre, le tout sous la surveillance d’une troupe
armée, montée sur des chevaux et brandissant la bannière rouge romaine avec
l’inscription : « SPQR8». Au deuxième plan, le même saint
Genis est précipité du haut d’une falaise, dans le Rhône, en face de la ville
d’Arles.
Tabernacle de gauche
Le tableau de droite nous montre au premier plan, un empereur romain, assis sous un dais frappé de l’inscription « SPQR ». Il tente de faire revenir saint Genis sur sa conversion au christianisme en essayant de lui faire adorer Jupiter, dont on voit une grande statue à proximité ornée de ses attributs traditionnels (le foudre et l’aigle). Le bourreau brandit une épée avec laquelle il est prêt à décapiter le saint agenouillé. Au second plan, saint Genis tient, dans ses mains, sa tête qu’on vient de lui trancher. Il la porte vers le Rhône afin de l’y jeter, en face des remparts de la ville d’Arles.
Tabernacle de droite
Le tableau de droite nous montre au premier plan, un empereur romain, assis sous un dais frappé de l’inscription « SPQR ». Il tente de faire revenir saint Genis sur sa conversion au christianisme en essayant de lui faire adorer Jupiter, dont on voit une grande statue à proximité ornée de ses attributs traditionnels (le foudre et l’aigle). Le bourreau brandit une épée avec laquelle il est prêt à décapiter le saint agenouillé. Au second plan, saint Genis tient, dans ses mains, sa tête qu’on vient de lui trancher. Il la porte vers le Rhône afin de l’y jeter, en face des remparts de la ville d’Arles.
Tabernacle de droite
Saint Genis, en statue au centre,
est représenté avec une sorte de jupe ornée de grosses pampilles, semblable à
celle des tableaux latéraux. Les attributs ont disparu presque en totalité. La
poignée qu’il tient dans la main droite a pu être la garde de l’épée de sa
décollation. L’autre attribut est courant. C’est la palme qui caractérise les
martyrs.
Le deuxième étage est également
occupé par deux tableaux et une statue, les trois relatifs au monastère
bénédictin catalan de Montserrat. A gauche, saint Benoît tout habillé de noir
tient sa crosse abbatiale et un livre ouvert, qui rappelle qu’il fonda l’Ordre
des Bénédictins en écrivant puis en répandant sa règle auprès des moines. A
droite, sainte Scolastique, sœur de saint Benoît, habillée en abbesse
bénédictine tient sa crosse et un livre fermé sur lequel est posé une colombe.
Le livre rappelle qu’elle fut la patronne de l’Ordre des bénédictines. La
blancheur immaculée de la colombe peut symboliser soit l’inspiration divine de la Colombe du Saint-Esprit ce
qui rend la règle pure, soit la vision de saint Benoît qui vit l’âme de sa sœur
monter au ciel sous la forme d’une colombe.
La statue du centre représente saint
Georges9 terrassant la
Bête qu’il maintient plaquée au sol.
Le troisième étage est constitué de
deux volutes de part et d’autre d’une statue. La volute de gauche va de pair
avec l’autre, puisqu’elle nous présente la Vierge de l ‘Annonciation au dessus de
laquelle plane la Colombe
du Saint-Esprit volant dans la nuée, tandis qu’à droite est peint l’archange
Gabriel.
La statue au centre a un tau brodé
sur l’épaule. Il s’agit, sans nul doute, de saint Antoine ermite, bien que nous
ne puissions expliquer définitivement sa présence en une position si honorable 10. Sa main gauche soutient un livre
ouvert contenant la règle des Antonites. Il devait tenir dans sa main droite un
bâton, dont le sommet devrait avoir une forme de tau, et auquel était parfois
attaché une cloche. Généralement, il a également pour attribut traditionnel un
cochon à ses pieds.
En guise de fronton, le Père éternel
est représenté en buste. Figuré en vieillard, le triangle divin ornant le
dessus de son crâne, il tient le monde dans sa main gauche et surveille toutes
nos actions.
Maintenant que nous avons identifié
tous les éléments, en comprenant qu’il ne s’agit pas seulement d’œuvres d’art,
nous pouvons essayer de décrypter le retable.
Le message codé.
Le soubassement avec les blasons de
Montserrat sur le mur de brique nous indique que l’abbaye bénédictine est à la
base du message. Ce message est un chemin qui permet de s’élever en trois étapes
jusqu’au ciel c'est-à-dire jusqu’à la divinité, symbolisée au fronton par Dieu
le Père.
La prédelle est une référence aux
cycles, comme nous l’avons vu précédemment et donc au temps terrestre, qui nous
voit naître, vivre et mourir. Nous y sommes tous soumis. Les Grecs avaient fait
de Chronos, le dieu du temps, le maître des dieux. En cela, la prédelle est en
correspondance avec le fronton. Dieu le Père surveille le monde et aucun de nos
actes ne lui est inconnu. Il est le maître de nos vies, lui seul connaissant la
date de notre mort. Cette interprétation permet de mieux comprendre la
signification de sabliers, symboles du temps qui s’écoule inexorablement, qui
surmontent quelques retables (retable de saint Fructueux à Yravals, par
exemple).
A l’image de la tiare papale formée
de trois couronnes superposées, le retable est composé de trois niveaux
s’emboîtant les uns dans les autres.
Il est une expression du triple
pouvoir divin. Les trois étages figurent de haut en bas :
–
le pouvoir
royal
–
le pouvoir sacerdotal
–
le pouvoir
prophétique.
Le pouvoir royal est exercé sur la
terre par les rois et les empereurs. Nous trouvons à ce niveau là, l’empereur
romain qui commande aux armées. C’est lui qui décide de la vie ou de la mort de
saint Genis. Il règne sur la terre et la vie physique des hommes. Il est dans
le niveau de la matérialité et s’adresse à la première des trois composantes de
nos vies : le corps.
Le pouvoir sacerdotal est détenu par
les religieux, en l’occurrence par les bénédictins. Le fond des tableaux
derrière saint Benoît et sainte Scolastique représente essentiellement des édifices religieux. Cet étage nous
indique que pour dépasser notre condition terrestre nous devons passer par un
stade spirituel, étape de notre ascension vers Dieu. Cela concerne la deuxième
des trois composantes de notre vie : l’esprit.
Le pouvoir prophétique est exprimé
au travers de l’annonce faite à Marie, lui indiquant son futur état de femme
enceinte. Tous les décors derrière Marie et Gabriel ont disparu pour laisser
place à une nuée dans laquelle apparaît la colombe du Saint-Esprit. Cet étage
nous renvoie aux prophètes de l’Ancien Testament et bien sûr à Jésus-Christ.
Nous sommes dans la dernière étape du parcours chrétien proposé, celle qui a
trait à la troisième composante de notre vie : l’âme. C’est là que nous
prenons conscience de notre divinité. Nous accédons ainsi à la Trinité symbolisé par le
Père, le Fils et le Saint-Esprit, les trois ne formant qu’un.
En nous
situant dans le contexte du Nouveau Testament, ce symbolisme ternaire nous
conduit directement au Christ cumulant les trois fonctions de Roi, Prêtre et
Prophète. Ayant été conçus à l’image de Dieu, en imitant Jésus-Christ, nous
devons nous préoccuper de notre corps, de notre âme et de notre esprit. Ainsi le
chemin est tracé pour que l’Adam déchu que nous sommes, au sens des Ecritures,
redevenu désormais un homme complet, puisse retourner au Paradis.
En conclusion, ce retable a trait
directement à la nature humaine telle qu’elle est abordée depuis la nuit des
temps, et ainsi parle à chacun d’entre nous, chrétien ou non.
Le visiteur
tirera certainement grand profit en découvrant sur place les détails de chaque
élément puis en repassant à une vue d’ensemble.
Quelle que
soit sa croyance, nul doute que le fait de s’asseoir un court instant dans la
pénombre de l’édifice lui fera toucher du doigt la sérénité et la paix de cette
église abbatiale, héritière de treize siècles de prières.
Notes :
1 - L’extraordinaire saga du
démantèlement et du retour du cloître est contée dans la brochure de Louis
Boulet et Raymond Barde, L’abbaye
romane de Saint-Genis que l’on dit des Fontanes. Editions ASVAC La Mandorle, Saint-Genis des
Fontaines, 2005 (en vente à l’abbaye).
2 - Du grec Katholikos qui signifie
universel.
3- Il s’agit d’armes parlantes de
l’abbaye de Montserrat, c'est-à-dire du « mont scié ». L’abbé Cazes
en a donné le blasonnement : « d’azur à un mont d’or mouvant de la
pointe, scié par deux anges au naturel, ailés d’or ; la scie, surmontée
d’une mitre, brochant sur la hampe d’une crosse, le tout de même ».
4 - L’entrée du temple de Salomon
était marquée par deux grandes colonnes, qui s’enroulaient en spirale.
5- La date du solstice d’hiver est
bien sûr quelques jours plus tôt, généralement centrée sur le 21 ou le 22
décembre. Des erreurs de calcul dans le calendrier ont fait qu’au IVe siècle,
lorsque fut fixée arbitrairement la date exacte de la naissance de Jésus, le
solstice tombait le 25 décembre. La tradition du 25 décembre étant bien ancrée,
lorsque le calendrier fut réajusté en 1582, la date fut sciemment conservée.
6- Olivier
Poisson nous indique qu’il pourrait s’agir : « dans le contexte du
soulèvement de la Catalogne
qui devait se donner à Louis XIII en 1641, d’une allusion à un espoir de
libération par les princes capétiens. On sait ce qu’il en advint… » in L’abbaye de Saint-Genis des Fontaines,
p. 31. Le Publicateur, Saint Estève, 1989.
7- L’inscription se finit par une
référence difficile à lire ressemblant à « I06.7 ». Par rapport au
texte du cartouche, nous trouvons dans l’Epître aux Hébreux la mention d’un
sacerdoce éternel (He, VII, 17 et 24) selon l’ordre de Melchisédech.
8 - « Senatus Populusque
Romanus » devise de la
République romaine.
9- Dans un
premier temps, nous avions souscrit à l’hypothèse communément établie, qu’il
s’agissait de saint Michel. Une réflexion plus poussée, exposée lors d’une
conférence, nous orienta vers saint Georges, alias Sant Jordi en catalan,
patron de la Catalogne
et donc cher aux moines de Montserrat. Les deux saints sont très proches du
point de vue iconographique, une différence importante étant la présence d’une
paire d’ailes uniquement chez l’archange saint Michel. Il semble que la
confusion provienne de la mention d’une église Saint-Michel dans les textes anciens
de la commune. Une redécouverte récente d’un travail de l’abbé Cazes, nous a
fait formuler l’hypothèse que cette église disparue pourrait être l’église
« Saint-Michel de les Vinyes » mentionnée en 1369.
10 - Pour une
abbaye bénédictine, cette place de choix aurait dû être réservée à saint Benoît
ou à un autre saint important, non fondateur d’Ordre. En ce qui concerne saint
Antoine ermite, on rapporte qu’il fut supplié par le roi de Catalogne de venir
exorciser sa femme et ses enfants possédés par les démons. Se déplaçant sur un
nuage, il débarque à Barcelone. A la porte de la maison du prévôt André, une
truie lui apporte son nouveau-né monstrueux né sans yeux ni pattes. Un signe de
croix du saint rend miraculeusement la vue et les membres au porcelet. Par le
même signe, il exorcisera l’épouse et la progéniture du roi. Ce lien avec la Catalogne nous a paru
l’hypothèse la plus probable pour comprendre le choix de représenter saint
Antoine.
N’oublions
pas non plus que saint Antoine était un ermite tout comme saint Benoît.
Pour finir, saint Antoine était un saint guérisseur (cf. feu saint
Antoine), apte à combattre la peste, fléau dont il paraissait toujours
judicieux de se prémunir.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire