HISTOIRE.
.LES CATALANS. Armand Aloujes
Nous sommes catalans, et fiers de l’être.
Mais, au fond ! Quel personnage sommes-nous ? Avons-nous quelque
chose de particulier ? Que pensent nos voisins, languedociens ou
gascons ? Nous avons certains liens qui nous unissent avec ces
régions : Le climat, la végétation, le vignoble, les étangs, qui se
succèdent le long de la Côte méditerranéenne et cet esprit méridional de
traditions, ces modes de vies, l’accent, l’attachement à la religion, au rugby
(très ancré dans notre pays) et les spectacles taurins. De quoi séduire tout touriste, en mal de
nouveautés, venant partager notre bonheur, sous le chaud soleil du Midi, et
s’intéresser à notre danse
traditionnelle « La Sardane », qui, loin d’être une exhibition
folklorique, reste une chorégraphie, dont les origines remontent à l’antiquité.
Elle est accompagnée d’une « cobla » (orchestre de onze musiciens).
Les restes du premier homme connu, dans le Roussillon, remonte à plus de
450.OOO ans, découvert dans une grotte prés de Tautavel dans les Corbières. Cette
terre fut colonisée A. J.C, maintes fois par les Grecs et Phéniciens du VIIIième
au VIIième siècle, par vagues
successives migratoires. Puis vinrent les Celtes, IVième ; du Ier siècle à 719, a vu défiler les
Romains, puis les Wisigoths. Les Arabes s’invitèrent, dès 719, puis furent
chassés en 759 (40 ans).
De 759 à 1229, l’empire de Charlemagne
développa tout l’occident. De 1258 à 1659, après diverses réformes, traités,
révoltes, guerres, le Roussillon et la Cerdagne sont annexés à la France. Historiquement,
tous ces événements, ont bouleversé la vie et forgé le caractère des
populations. Le Roussillon a été souvent, un champ de bataille, où se sont affrontés,
l’Espagne et la France. Après le traité, les catalans trouvaient un peu de
tranquillité.
Sur le banc des écoles, toutes ces
histoires, que le maître nous racontait, étaient perçues comme un roman
d’aventures. C’était la colonisation des romains, qui nous ont laissé, bon
nombre de vestiges, encore bien visibles de nos jours, En plus de
l’architecture, on a hérité de leur dialectique, la rigueur, la soldatesque,
l’esprit de conquête. La Catalogne ne pouvait leur échapper et subir leur
empreinte.
Ces hommes étaient l’organisation même,
la rudesse et le goût de l’austérité, acharnés et passionnés par leur travail
et leur village. Mais, ceux qui nous envahirent avec éthique, pendant plus d’un
siècle, ce furent les Wisigoths. Ils s’installèrent autour des Pyrénées. Ils
nous ont marqué, par le goût de vivre en tribu, par la dévotion qu’ils avaient
pour la nature : la forêt, le ciel, la mer ; taciturnes et réservés,
ils étaient volontiers, repliés sur eux-mêmes. Sauvagement entiers dans leurs
réactions. La tribu, pour eux, était la famille, Ils donnaient l’hospitalité
aux amis, qu’après longue réflexion. Ce sont eux qui embrassèrent la foi du
Christ, libérèrent les esclaves, interdirent les jeux sanglants du cirque.
Peu d’hommes ont marqué le règne
wisigothique. Un indiscutable humanisme aura illuminé leur temps !
Sommes-nous donc, des anciens Wisigoths, ou avons-nous été influencés par
toutes ces peuplades, qui ont foulé notre sol, passage obligé autour de la
Méditerranée. Bien d’autres histoires nous ont fait rêver, marquant le riche
passé de notre cher pays. Un jour, c’était Hannibal, le grand carthaginois,
avec ses éléphants, qui traversaient les Pyrénées, près du Perthus, pour aller
affronter les Romains. Puis ce fut les
cavaliers de Mahomet, les preux chevaliers de Charlemagne, les grognards de
Napoléon…. Bref, un vrai carrefour, sous l’œil vigilant de l’immuable Canigó,
le bleu du ciel et de la mer, le contour gracieux des Corbières et des riches
Albères ! Peut-être que la beauté du site, aux multiples visages, a
sensibilisé ces conquérants, au point de se décider à planter leurs tentes, ici
même ; La révolution, fut
accueillie, favorablement, mais les guerres
napoléoniennes deviennent impopulaires.
Le XXième siècle a vu s’intensifier l’industrie, et
l’aménagement touristique du littoral.
Quelle conclusion
pouvons-nous tirer de cette histoire ?
Le catalan serait-il conquérant, comme
les Grecs et Phéniciens, austère comme les Romains, graves et réservés
comme les Wisigoths ? Serions-nous les mêmes, si nous étions nés à Londres
ou Amsterdam, car nous sommes pétris d’une terre et d’un passé, dont on ne peut
s’évader ? Nous sommes catalans à
part entière, que l’on soit du nord ou du sud, mais quel avenir sera désormais
le nôtre ?