TERRE NATALE
Armand Aloujes
Il est sur cette terre, un pays, un
village, où le sort a voulu qu’on y voit le jour. Ce jour, qui désormais,
allumera la flamme, dont l’éclair s’entretiendra, jusqu’à notre dernier
souffle ! Tous ceux qui ont vécu,
dans ces milieux propices, entourés de
faveurs et rares privilèges, ne pourront oublier, ce bonheur de
l’enfance, protégé comme un arbre ,en toutes les saisons !
Quand,
dans un songe, j’évoque ces images, et vieux souvenirs, dormant au fond de moi,
tout semble me parler, me connaître, me
souvenir, et enfin m’aimer En ce lieu, chaque chose a un nom, chaque
objet, une histoire, mais, qu’importe le nom,, ou qu’importe l’histoire, car,
cette terre natale, ,est pour moi, pour nous tous, un éternel empire.. Dans mon quartier, lieu dit « Le
Mouret, ou Mauret : lieu privilègié des maures ? », les maisons,
sauvages abris, aux murs rustiques, cachaient l’indigence ! Seuls, les
portes et volets, rutilants, rappelaient les belles couleurs des barques tirées
sur la grève .
Ah !
Ces barques ! Ces magnifiques embarcations, avec leurs belles voiles
blanches, toutes déployées au gré des vents, comme des papillons. Elles
ressemblaient à ces petits bateaux, que les enfants, font naviguer sur des
grands bassins ! Dans les rues, pêle-mêle, des instruments de pêche,
étaient là , pour montrer, s’il en était besoin, la principale activité du
village. Cordages, filets, paire de rames, épuisettes…
Comment pouvait-il en être autrement ? Ces rues, étroites et en forte pente, n’étaient pas faciles d’accès. Un bloc de granit, adossé au pied des maisons, invitait les passants à se reposer un instant, sur ce siège improvisé. C’était aussi une occasion, pour discuter de la pluie et du beau temps, et s’informer des dernières nouvelles. Tout le monde, n’avait pas ce drôle d’engin appelé TSF ! Mon père, ancien navigateur( soutier sur vapeurs pour Madagascar et Tonkin) avait repris ses métiers d’origine ; Pêcheur ou vigneron. Les seules vraies activités du village Dans ma rue, une vielle grand-mère se dépensait à aider les voisins. C’était la grand-mère de tous et aimait calmer les bébés par des vieilles chansons de son répertoire. La plage, dominée par l’église et son clocher, était le lieu de rencontre de tous les professionnels ? Aux alentours de la cité, les derniers contreforts des Albères ,étincelaient sous l’ardeur du soleil du Midi, se partageant l’espace entre forets, vignes , oliveraies . Tout prés des remparts, aux pieds des ormeaux, les ravaudeuses , remettaient en bon état les filets déchirés, par les écueils ou aussi par les dauphins. Toutes ces images, tous ces souvenirs évoqués, tout ce que l’on a aimé, dans notre jeunesse. Tout cela a disparu. La vie a dispersé, la maison paternelle, et le foyer ressemble, désormais a un nid désert ? Le ciment, le goudron a remplacé la terre, et dans les rues, plus d’innocence, ni bonhomie. Ah ! Si mes cheveux blancs, prolongeaient mes années, je serais heureux de retrouver les noms de tant d’êtres disparus à mes yeux ? Un jour, des étrangers viendront s’emparer de ces lieux, où l’ombre et l’image de nos aïeux est encore présente ! Tous ces personnages, que nous avons connus ,et que la coutume nous permettait de les interpeller par leur surnom : Sobriquet expressif et parfois cocasse, qui faisait oublier le vrai nom de famille, car tout le monde était logé à la même enseigne !
Comment pouvait-il en être autrement ? Ces rues, étroites et en forte pente, n’étaient pas faciles d’accès. Un bloc de granit, adossé au pied des maisons, invitait les passants à se reposer un instant, sur ce siège improvisé. C’était aussi une occasion, pour discuter de la pluie et du beau temps, et s’informer des dernières nouvelles. Tout le monde, n’avait pas ce drôle d’engin appelé TSF ! Mon père, ancien navigateur( soutier sur vapeurs pour Madagascar et Tonkin) avait repris ses métiers d’origine ; Pêcheur ou vigneron. Les seules vraies activités du village Dans ma rue, une vielle grand-mère se dépensait à aider les voisins. C’était la grand-mère de tous et aimait calmer les bébés par des vieilles chansons de son répertoire. La plage, dominée par l’église et son clocher, était le lieu de rencontre de tous les professionnels ? Aux alentours de la cité, les derniers contreforts des Albères ,étincelaient sous l’ardeur du soleil du Midi, se partageant l’espace entre forets, vignes , oliveraies . Tout prés des remparts, aux pieds des ormeaux, les ravaudeuses , remettaient en bon état les filets déchirés, par les écueils ou aussi par les dauphins. Toutes ces images, tous ces souvenirs évoqués, tout ce que l’on a aimé, dans notre jeunesse. Tout cela a disparu. La vie a dispersé, la maison paternelle, et le foyer ressemble, désormais a un nid désert ? Le ciment, le goudron a remplacé la terre, et dans les rues, plus d’innocence, ni bonhomie. Ah ! Si mes cheveux blancs, prolongeaient mes années, je serais heureux de retrouver les noms de tant d’êtres disparus à mes yeux ? Un jour, des étrangers viendront s’emparer de ces lieux, où l’ombre et l’image de nos aïeux est encore présente ! Tous ces personnages, que nous avons connus ,et que la coutume nous permettait de les interpeller par leur surnom : Sobriquet expressif et parfois cocasse, qui faisait oublier le vrai nom de famille, car tout le monde était logé à la même enseigne !

Ce
quartier du »Mouret » était un lieu privilégié pour les artistes peintres,Ils
trouvaient ces lieux « pittoresques » . D’ailleurs, la plupart
avaient leur logement dans la rue Bellevue
Citons : Letrain, Willy
Mucha , Les époux Func, Mll Marre, Mme Langlais. Ainsi, que reste t-il de tout cela ?
Presque plus d’anciens habitants, rien que des étrangers ou vacanciers les décors ne sont plus les mêmes .
Mais ! Ou est donc passé mon village natal ?
Si
Charles Trenet revenait sur terre, lui amoureux de Collioure ; il
chanterait :

Que
reste-t-il de nos amours ?
Que
reste-t-il de nos beaux jours ?
Que
reste-t-il de ce que fut notre jeunesse ?
Un
p’tit village, un vieux clocher,
Un
paysage, si bien caché,
Et
dans le ciel, le cher visage
De
mon passé.