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samedi 22 août 2020

Traditions Roussillonnaises

USAGES ET COUTUMES EN ROUSSILLON 

Armand Aloujes

     Le Roussillon, n’est pas une terre de soleil, où chantent les cigales, mais un pays, qui a vu naître et attirer les joyaux de la culture française. Hommes de passages, adoptifs, ou natifs : Sculpteurs Maillol), Peintres (Picasso, Dali, Matisse, Derain, Rigaud au XVII° s. ) Poètes  et écrivains (Simon Claude- Prix Nobel) et chez nous, catalans du mord et du sud, n’oublions pas Arthur Conte, Albert Bausil, Albert Saisset, Giral Marguerite,  ainsi que deux grands poètes Jordi Pere Cerdà  et Espriu

Salvador en langue catalane, pour ne compter que ceux-là. Musiciens et chanteurs, et même cinéastes, se sont succédés dans notre région ? Collioure a servi de décor à plusieurs films, surtout après la guerre ! En 1955 : Le fils de Caroline chérie (Jean-Claude Pascal et Brigitte Bardot, à ses débuts.)

                   1960 : Satan mène le bal (Catherine Deneuve, Bernadette Lafont, Jacques Perrin)

                    1967 : Le petit Baigneur (De Funès)

                    1970 : La Scoumoune (Jean Paul Belmondo)

Déjà, en 1908, plus de 30 «  films avaient été tournés dans les P-O.

Devant cet engouement pour le 7° art, une association va créer un ‘ Ciné-Club’(1983) Institut Jean VIGO. Ceci grâce, aussi a un certains colliourenc MARCEL OMS, grand fondateur du ciné club, que Perpignan est devenu un des pôles européen du cinéma des premiers temps ! …

     Quant aux autres distractions, notre petit village, Collioure, a su se montrer innovant en créant des spectacles, revues, tours de chants, avec des troupes espagnoles qui nous charmaient, avec leurs fandangos, claquettes et castagnettes, nous transportant ainsi, dans les chaudes nuits andalouses, ainsi que des chanteurs français de l ‘époque : Tino Rossi, Trenet, Chevalier, Edit Piaf, Les Compagnons etc… Et cela, tous les Samedis ! C’était après la guerre ! Il fallait rattraper le temps perdu ! La population, après 6 ans de troubles, soucis, restrictions, avait besoin d’évacuer tout cela, et elle ne s’en privait pas !  Le sport faisait parti des distractions. En premier lieu ; le rugby. L’équipe de France, avait à l’époque, comme capitaine le colliourenc Desclaux Joseph. Ce sport, avait donc une grande place dans le cœur des jeunes. Si la ville a profité du stade, c’est grâce à un certains capitaine Belmondo, commandant au Fort du Miradou, qui avec sers soldats, ont fait avec pelles et pioches, et wagonnets sur rails, ce magnifique terrain, qui fut baptisé à l’époque » Stade Belmondo » !

Désormais, avec le tourisme de masse actuel, il est difficile, pour les organisations folkloriques de ne pas tomber sous l’influence des cultures étrangères à la région. Les moyens modernes de communications, ne les aident pas non plus. Pourtant, certains touristes, s'intéressent a ces activités, qui font leur bonheur et s’ouvrant ainsi à la connaissance et au respect de nos traditions !  Toutes ces activités, traditions, cultures, sports, folklores, religions, produits régionaux, culinaires,  et aussi notre belle langue, le Catalan, suffiront-elles à séduire l’étranger ?

Influencés, par les us et coutumes, les arts et cultures en général, sont moins prépondérants dans la cœur des régions, malgré la belle qualité des œuvres et produits du Grand Paris.

     Dans certaines régions, Provence, par exemple, beaucoup se sont attelés à l’ouvrage et ont bien réussi grâce aux moyens qu’ils ont pu crée : Cinéma, Théâtre, groupes folkloriques, danses, chants, poésie, spectacles divers et surtout l’accueil dans une certaine nonchalance et bonhomie de notre cher Midi !

Quand on revoie certains films, véritables reflets de la vie d’alors, on pense à Pagnol, Giono, Daudet, Mistral. Sans parler de ces magnifiques artistes, inoubliables dans leur authenticité !

En tous cas, en Roussillon, bon-gré malgré, les traditions sont assez bien respectées ;  Noël, Pâques, St Jean, Flamme du Canigou, Sardanes a toutes occasions en costumes traditionnels. Depuis quelques temps, on fête également, une activité propre a un village ! Anchois pour Collioure, Cerise pour Ceret

Vin pour Banyuls, l’oignon rouge pour Toulouges, La fève pour Palau, Le muscat de Rivesaltes et pourquoi-pas : le Fouet en micocouliers de Sorède !

     La fête de la St Vincent  à Collioure, attire de nos jours de plus en plus de monde, mais on constate que malgré la volonté et le bénévolat de certains, les fêtes d’antan, on subit l’invasion des nouveaux loisirs, mieux adaptés aux goûts des jeunes, au détriment de ce que fut dans le temps, une des plus rares et importantes distractions, à la fois séduisante par sa beauté et diversité et sympathique par son coté convivial et familier !

Toutes ces activités, traditions, font un amalgame qu’on ne saurait s’en défaire. L’hirondelle revient toujours dans son nid !   FAISONS  COMME  ELLE ! ! ! !

 

Collioure : Le Mouret.

DANS MON VIEUX VILLAGE DE COLLIOURE

Au  quartier  du  Mouret.       Armand Aloujes 

Dans le vieux village de Collioure, les rues n'étaient pas carrossables, surtout dans le quartier appelé » Le Mouret » Certaines étaient pavées, d'autres en terre battue.

L’accès aux maisons, se faisait donc à pied. Accrochées à la butte, dominée par le Fort Miradou, et séparées par des ruelles, étroites et tortueuses et j'ose à peine le dire parfois sales, toutes ces demeures abritaient souvent plusieurs génération de familles. Ici, pas de confort, pas d'hygiène, tel le moyen âge. Ces petites et vieilles maisons, servaient surtout pour manger et dormir et le reste du temps, en dehors du travail, la rue offrait un drôle de spectacle. Chacun s'en octroyait une partie. Certains, faute de place, sortaient leurs cages à lapins, qu'on rentrait le soir.

     D'autres, cultivaient un petit bout de jardin, pour des fleurs, la lavandière ne se gênait pas d'étendre son linge, chez le voisin, parce que lui a le soleil.    Au milieu de la rue, on pouvait très bien faire griller la sardine, pêchée la nuit avant, braise qui pouvait servir a d'autres en mal de sarments. Nous les enfants, profitions de l'espace qui restait avec les poules de Gustave, a la recherche de quelques vers.. Tout cela paraissait normal, mais entraînait parfois, des disputes, des algarades, des menaces, des cris et des pleurs ! Ce qui est paradoxal, c'est que les artistes peintres, aimaient ce quartier ? D'ailleurs, chacun d'entre eux avaient leur maison, rue Bellevue, en plein quartier du «  Mouret » Il y avait là : «  Letrain, Willy Mucha, Enri Martin, les époux Funs, Mlle Marre, Mr Langlais.

     Cette atmosphère de cris, de menaces, de pleurs, mais aussi  de rires et galéjades, me fait penser au grand Molière, dont le spectacle de la rue l'aurait l'inspire, pour faire une de ses farces dont il avait le secret, avec les habitants qui, a leur insu, auraient pu être les acteurs de cette comédie, dans ce décor du vieux Collioure.

     Avant de terminer, j'aimerais vous parler de ce fameux nom de ce quartier qu'on appelle (Mouret)

Beaucoup de personnes (comme moi d'ailleurs) ont pensé que ce nom vient du fait que les arabes, les maures, avaient envahi le lieu, d'où le nom. L'endroit permettait la vue vers la mer et facilité la surveillance de cette partie de la Méditerranée. C'est plausible, mais, à mon avis, il y aurait une autre réponse à cela.  Le mot  (Mouret), est bien sur la traduction en catalan du mot français (Muret) C’est un petit mur. Hors ! Si on compare le grand mur qui a été construit par Vauban, après le traité des Pyrénées, sur le port( mur qui fait 2 m d'épaisseur) le mur du quartier en question ne fait que 50 -60 cm Qui a dû être construit en même temps Ce qui correspond a l'adjectif Muret.

     D’ailleurs il en existe une bonne partie encore de ce mur, Environ une centaine de mètres, Il possède encore ses meurtrières, et il va  de l'immeuble Berge (ou Verge) a la maison qui a appartenu au peintre  Henri Martin. Après le traité, des soldats français sont venus s'installer au Miradou et les familles des officiers ont fait construire des appartements  (7 en tout) en se servant du mur en question ; Par la suite, d'autres maisons ont vu le jour dans les mêmes conditions. Maisons qui appartiennent désormais a des habitants de Collioure ;

                    Je pense avoir trouvé là, une autre réponse au mot (MOURET)